Il est amusant comme on aime à revenir sur nos pas. Nostalgie d’hier sans doute. Me voici donc de nouveau dans les Hautes Alpes, dans l’Oisans. Face à la Meije, mythique sommet, princesse de pierre courtisée par tant d’alpinistes par le passé depuis le Refuge de l’Aigle ou d’ailleurs. Me voilà de nouveau sur mes pas, mes sentiments et mon plaisir restent les mêmes. Je suis une sorte d’oiseau migrateur qui revient à la belle saison. Je répare mon nid douillé composé des souvenirs de la veille. Aujourd’hui, les montagnes se sont vêtues de leur manteau blanc, ma peau, elle, se rappelle les derniers baisers de l’été.

Au programme dans l’Oisans ? Du hors piste dans le domaine de la Grave, Escalade de Glace, Initiation à l’Airboard et même du ski pour personne handicapée…

Que fais-tu dans l’Oisans ?

Au Col du Lautaret, j’avais le choix entre la découverte du snowkite ou l’initiation à l’airboard. Depuis que je suis passé au ski, le snowboard a mauvaise réputation. Surtout auprès de mon fessier. On testera le snokit avec des skis la prochaine fois, place à l’airboard. De bonnes sensations, une prise en main très rapide, surtout lorsque notre guide Odile Martin-Cocher (06 08 81 54 24) nous explique les 2/3 mouvements de base pour tourner et freiner. Alors cela n’a pas l’air comme cela mais on peut se faire de jolies frayeurs car lorsque l’on prend de la vitesse on ne s’arrête pas si facilement 120km/h le record tout de même. Quand tu as la tête aussi prêt du sol, tu n’as pas envie de te louper.

On est bien échauffé, après quelques montées et descentes sur les collines (parce que l’on ne peut pas utiliser librement l’airboard en station), une petite douche à l’auberge Edelweiss, un bon repas à la meilleure table de la Grave : au restaurant « Au Vieux Guide », que je conseille ; je fais les retrouvailles avec ce bon vieux téléphérique du glacier de la Meije, et ses superbes cabines colorée. Je les avait découvertes dans la brume cet été, là le paysage est plus hivernal. Alors monsieur dames, il faut savoir que les téléphériques de la Meije sont les plus hauts de France après ceux de l’Aiguille du Midi qui vous envoient à 3776m.


Bon, arrivé à 3200 m d’altitude, au niveau du restaurant le Chalet, tes poumons ne font pas les malins. Tu sens que si tu devais faire un 100m ici, tu ne battrais pas si facilement Usain Bolt. Seconde raison pour ne pas faire le malin, ce n’est pas ici que tu verras passer une dameuse. C’est du hors piste l’ami. Du freeride. A noter que tu es tellement free qu’il faut quand même faire gaffe où tu rides hein. Au surplus, un joli panneau jaune indique que tu es « dans un domaine de haute montagne non sécurisé et que tu skis sous ta propre responsabilité ». Déjà, si tu n’es pas du coin, il vaut mieux prendre un guide de haute montagne. Chacun aura le tiercé gagnant pelle-arva-sonde dans son sac. On t’apprendra à les utiliser car, ici, ce n’est pas une autoroute de ski. Tu n’auras jamais la sensation d’être sur une plage du sud en pleine saison avec l’impression d’écraser ton voisin si tu souhaites changer de côté sur ta serviette. Non monsieur. Ici, c’est le côté sauvage de la montagne qui prédomine.


Tu ne croiseras pas grand monde et pas grand monde ne te croisera. Limite, tel Robinson, tu seras bien content de rencontrer quelqu’un car cela veut dire que tu n’es pas totalement perdu dans ce magnifique désert blanc. C’est beau mais d’une beauté sévère, austère, avec des séracs, crevasses, risques d’avalanches si tu ne prends pas la montagne au sérieux. Quand la neige est suffisante, depuis le Dome de la Lauze, à 3600m, depuis lequel tu peux passer sur Saint Christophe si tu l’envie te prend, tu as plus de 2000m de dénivelé en hors piste jusqu’en bas. à 1300m. Ce n’était pas mon cas ce jour là. 40cm de neige fraîche sont tombées certes mais quelques jours après mon départ, de quoi se gaver sur place. Une fois notre descente finie, nous reprenions le téléphérique au niveau de la Gare Peyrou d’Amont. Pour le premier hors piste de ma vie, les débuts furent laborieux -je suis lent à l’échauffement- mais après quelques descentes, je prenais mon ski pied. Alors la montée au téléphérique est plutôt lente. Tu as le temps de boire un coup, faire une partie de monopoly, faire quelques cours de japonais. Par contre, enchaîne quelques descentes jusqu’en bas, tout en bas, lorsque les conditions sont bonnes et je pense que la vitesse, plutôt lente, tu téléphérique ne sera plus un problème. N’hésites pas à faire une pause au Chalet, le propriétaire n’a pas l’air commode au premier abord mais c’est un bon bougre amoureux de bon rock. Il a de superbes skis, éditions limités, Rolling Stones accrochés au mur.


Après avoir goûté au hors piste à la Grave, rien de tel qu’une petite initiation à l’escalade de glace. Alors même pour du niveau d’initiation, il y a de quoi avoir de belles sensations. Surtout lorsque l’on est encadrer avec un bon guide qui sait vous mettre en confiance (le mien s’appellait Bertrand DAVID – 06 74 38 22 95 | www.guidesberarde.com). 2 longueurs de 50m. Des conditions idéales (j’ai bien vérifier par 2 fois mes crampons, pas comme lors de l’ascension de la Meije). La sensation d’être seul au monde.

 


Il faut savoir que je ne suis pas un bon grimpeur. Malgré l’envie, avec mon travail d’influenceur voyage, je ne trouve jamais le temps pour m’entraîner en salle. Mais ici, pas besoin d’être un pro de l’escalade ou du piolet pour se faire plaisir. Il suffit d’avoir un minimum de condition physique ce qui est mon cas, je n’ai pas trop perdu la forme depuis treks au Népal. Et puis l’escalade de glace, une fois que l’on est en confiance et sur de ses gestes, cela vient très vite, plutôt facilement et c’est très beau.


Une fois terminé, pour détendre ses muscles, rien de tel qu’une petite séance de hammam à l’hôtel restaurant La Cordée, tenue par Marie-Claude et ses 3 chats, à Saint-Christophe en Oisans (vous savez le village que l’on peut atteindre en descendant sur l’autre versant depuis le Dome de la Meuze).

Le soir, me voilà parti pour le village de Vaujany. J’assiste et je participe à une séance de balai-ballon à la patinoire qui se trouve juste en dessous de notre restaurant, le Stou. Le balai-ballon c’est pas un sport de mollusque. Cela vous fait exploser votre cardio. Alors le balai-ballon pour faire simple : c’est une patinoire, pas de patins, pas de protections, des crosses, une balle et 2 équipes qui s’affrontent. Croyez-moi, c’est bien l’fun mais gare aux gamelles et aux contacts parfois musclés !

Le lendemain, pas le temps de souffler je découvre les sports de glisse pour personnes à mobilité réduite. Ils ont trois type de sièges sur place.

  • Taxi ski : fauteuil sur skis piloté par un moniteur.
  • Dualski : fauteuil sur skis à piloter soi-même grâce à des bâtons équipés de patins.
  • Snowkart : fauteuil sur skis à piloter soi-même grâce à 2 poignées qui gèrent la direction et la vitesse.

J’ai personnellement testé, à chaque fois sous la supervision d’un moniteur de l’ESF (merci d’ailleurs à l’ESF Vaujany) le taxi ski et le snowkart. Le taxi ski permet de rester en contact avec un groupe de skieurs que ce soit la famille ou les amis pour les personnes à fort handicap mental, physique, blessées ou trop âgées. On se sent tout le temps en sécurité et le guide nous permet de ressentir de bonnes sensations sur les pistes.

Avec le snowkart, on est beaucoup plus libre. C’est nous qui avons la maîtrise de l’engin et j’avoue que même en tant que valide, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Vous pouvez voir cela en vidéo ci-dessous.

J’avais eu des jours bien remplis dans l’Oisans mais mon escale dans cette belle région des Hautes Alpes n’était pas fini puisque je me rendais, l’après-midi, dans la station village d’Oz en Oisans pour tester un nouveau type d’hébergement en montagne : le Moontain Hostel, une sorte de boutique hostel dont le pari était de nouveau rendre la montagne accessible à tous.  Pari tenu 🙂


Ce voyage a été réalisé dans le cadre d’une invitation en partenariat avec l’office de tourisme d’Oisans. Mon avis et l’appréciation du séjour est totalement indépendant.