#Apinisme #7sommets – Au départ, il y avait l’envie d’être indépendant, l’envie d’être libre, l’envie de voyager… voilà, avec ce blog de voyage, mon outil de travail et mon moyen d’expression, je suis indépendant, je suis libre, je voyage. Maintenant je fais quoi ?

 

Je m’installe dans ma petite routine de « Je prends mon sac à dos, je prends des photos et je rendre sagement à la maison quelques semaines plus tard en écrivant un article : 10 choses à faire à…? » Non, ce n’est pas moi. Ce n’est plus vraiment moi à vrai dire. J’ai soif de quelque chose de beaucoup plus exigeant et excitant qu’arpenter les pavés des villes, découvrir les bars excentriques et bourlinguer dans les transports locaux. C’est intéressant mais cela ne couronne pas ma vie d’un point d’exclamation. J’aime la solitude des grands paysages mais je n’ai pas envie de marcher sans but. Alors j’ai cherché ce chose qui me fait dire « Ah ca, c’est une idée carrément dingue… Ok, je le fais ! »

 

C’est ce quelque chose qui à germé en moi il y a peu. Un déclic. Un subtil engrenage. Si je devais définir un instant 0, je crois que cela a commencé cette année, sur le chemin en route pour l’ascension du Machu Picchu. Ce n’est pas que je ne m’identifiais pas à ce genre de challenge auparavant… c’est tout simplement que je n’y avais pas goutté. Puis il y a eu le Tongario trek en Nouvelle-Zélande, le Mont Fuji et le Gr20 récemment. Des petits pas qui devaient mener quelque part. Rien ne se fait en vain. Au fond, je crois que la transformation s’est faite psychologiquement en Nouvelle-Zélande même s’il y a bien d’autres facteurs personnels dont je ne parlerai pas aujourd’hui. J’ai assisté à la conférence d’alpinistes ayant grimpé ou attaqué l’Everest, certains assis à ma table. Grand moment. Il y a des rencontres qui changent notre vie. On ne s’en rend pas vraiment compte sur le moment. Il faut juste une petite graine de folie et une terre d’optimisme débordant propice au changement. Je pense que cette nuit a changé la mienne. Je ne le savais pas encore…

 

Je me suis alors dit « Monter sur le toit du monde, cela doit être une belle aventure… une bataille de chaque instant contre soi-même, contre ses limites, ah si seulement… » J’ai rapidement effacé cette pensée. Elle me paraissait risible, ridicule. Moi, grimper l’Everest ? Cela serait prendre la montagne majestueuse pour un simple escalier alors que j’ai vécu toute ma vie en plaine, au milieu des champs et des moutons… il manquait un peu d’ordre dans cette soif d’aventure chaotique. C’était comme demander à la chenille de s’imaginer papillon et de se mettre à voler.  Je me disais qu’il me faudrait un projet qui m’amène à tester ma résistance peu à peu. Je commençais à soupeser les possibilités d’un tel investissement personnel. Le décomposer en étapes faisables. Appelons cela une folle ambition raisonnable. Un ensemble cohérent qui me donnera le temps de progresser. Un tableau plus complexe qui puisse également allier mon envie de voyages et de découvertes de grands espaces avec une passerelle sportive entre trek et alpinisme. Concilier voyages et efforts en somme. L’idée faisait alors son chemin mais, auparavant, c’était le Gr20 qui avait retenu toute mon attention. Réputé difficile sans pour autant être inaccessible, il était alors le défi à ma mesure. Ne demandant vraiment que force de volonté et résistance. Ce défi est depuis derrière moi.

 

C’est bien plus tard que je suis tombé, par hasard, sur la liste de Messner, à mon retour de Corse. Ce fut l’illumination.   J’ai eu, tout de suite, une boule d’excitation, comme un feu intérieur qui m’a pris au ventre. Je souriais idiotement face à l’écran, avec un regard un peu fou. « Ça c’est exactement le projet dingue, valable pour toute une vie, que je cherchais… »

Mais comme « tout une vie » cela me parait trop loin et que je suis d’un naturel impatient, j’ai réarrangé mon emploi du temps. Entre le moment où j’ai commencé cet article, au début de ce mois de septembre et maintenant, j’ai été victime d’une inflation galopante de mon ambition personnelle. La conséquence principale c’est qu’avant, je me voyais commencer « tranquillement » par le Mont Blanc en 2014, je prévoyais alors de tester mon premier 6000m en 2015 et… maintenant, je vais finir l’année en me mesurant au Kilimandjaro et ses 5895m en Tanzanie, à la place d’une balade touristique à Malte. L’an prochain, j’aimerai effectuer l’ascension de l’Elbrouz, le plus haut sommet d’Europe et celle de l’Aconcagua, le plus haut sommet d’Amérique du Sud en Argentine.

 

Un auteur polonais, Adam Mickiewicz disait : « Mesure tes forces d’après tes aspirations et non tes aspirations d’après tes forces. »

 

Atteindre les 7 sommets de chaque continent : irréalisable ?

 

Je ne suis pas motivé par une promotion, par une reconnaissance sociale et je ne suis pas motivé par l’argent. Suite à mon annonce sur Facebook, j’ai reçu un message d’un lecteur, ou plutôt, d’un empêcheur de tourner en rond comme il en existe tant. Mais si, vous les connaissez forcément ces nombreux briseurs de rêves renfrognés que l’on peut retrouver chez nos amis, notre famille et même notre moitié… On les reconnait rapidement à la propension qu’ils ont à user de la forme négative « Tu ne devrais, tu ne feras pas, tu ne peux pas, tu n’en pas les moyens… » Ses propos, en substance, sans les quelques paroles désobligeantes que j’ai supprimé, disaient « Tu n’es qu’un simple blogger, arrête de te lancer des défis qui sont plus grands que toi. Reviens sur terre. Il faut laisser ce genre de choses aux vrais aventuriers, pas aux touristes du dimanche. Tu es incapable de… » J’ai arrêté de lire à ce moment là.

 

Je ne crois pas à l’affirmation « Tu es incapable de… » Si j’y avais cru, je ne serai pas ici à vous écrire, en faisant de mon blog mon emploi. La vie regorge de contre exemples dans bien des domaines. Si j’ai l’ambition de faire de ma vie le roman que je ne saurai jamais écrire. Et alors ? Les rêves ambitieux tuent parfois sur le chemin de leur réalisation mais une vie sans rêve est également une vie morte. Je n’aspire pas à une vie qui ne m’inspire rien.

 

L’homme devient souvent ce qu’il croit être. Si je continue à me dire que je ne peux pas faire une certaine chose, il est possible que je puisse finir par devenir vraiment incapable de le faire. Au contraire, si j’ai la conviction que je peux le faire, je vais sûrement acquérir la capacité de le faire, même si je ne peux pas l’avoir dès le début.

Mahatma Gandhi

 

Un japonais de 80 ans a grimpé le mont Everest pour la troisième fois. La première fois, il avait 70 ans. Et, devinez quoi ? Il a commencé à penser à grimper l’Everest à l’âge ou la plupart de nous s’engourdissent : 65 ans.   Est-ce de l’arrogance de ma part ? L’insouciance de la jeunesse ? Un brin de folie ? Un peu tout à la fois…

 

J’ai deux bras, deux jambes, je suis encore  jeune et en bonne santé. Cela ne durera pas. Je ne souffre d’aucune affliction handicapante. Physiquement, je ne vois rien qui puisse me pousser à reculer. Financièrement, c’est une autre paire de manche, j’en suis conscient. Les 7 sommets coûteraient dans les plus de 100 000 euros cumulés, tout compris (estimation qui reste optimiste). Autant certains sommets me sont accessibles…autant  pour d’autres, je vais devoir faire appel à des soutiens externes via des sponsors. Rien d’impossible en soi.

 

 

Pour en revenir au “physique”, je devrai surmonter ma méconnaissance de l’alpinisme. Ma réponse à cette juste remarque est des plus simples, j’apprendrai. Je ferai comme tout humain, je m’adapterai aux difficultés. Je compenserai tout d’abord l’inexpérience par le mental. Je m’exercerai sur des montagnes plus accessibles en attendant de pouvoir m’offrir les 7 sommets. Je crois qu’une bonne moitié de la difficulté d’un défi, c’est le mental. Sur ce point, je suis un peu à la Forest Gump. J’y vais et je gère les conséquences en chemin. Se visualiser en train de le faire c’est entamer le chemin de la réussite. Ecouter les conseils de gens d’expérience. Faire confiance à ma bonne étoile pour trouver les bonnes personnes pour me guider.

 

Bien évidemment, cette formulation ne signifie pas que je vais débarquer au pied de ces montagnes emblématique en tenue de jogging avec une paire de gant, un Mars (pour repartir) un bonnet, une corde et un piolet en criant « Bon il est où ce petit sommet là, moi à 18h, j’dois être rentré, j’ai une raclette qui m’attend ! ». Non, je prendrai contact avec des entreprises spécialisées (avis aux amateurs qui voudraient me sponsoriser pour ce projet, youhou :), je me préparerai matériellement, s’il le faut, en prenant des cours d’escalades. Et, finalement, je dirai à mon corps « Prêt à souffrir pour la bonne cause ? »

 

Quelques petites infos sur les 7 sommets :

 

  • Ce défi est réalisé pour la première fois en 1986 par Patrick Morrow.
  • La première personne à avoir achevé le défi sans apport d’oxygène est Reinhold Messner.
  • En 2011, seuls 274 personnes ont réalisé les sept sommets. Parmi eux, 9 Français.

 

Une petite présentation des 7 sommets

 

Le Kilimandjaro

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Sommet de l’Afrique avec ses 5895m, il se trouve en Tanzanie. En dialecte massai, on l’appelle “la montagne étincellante”. Cela sera le premier sommet de la liste. Ascension est prévue pour décembre 2014. Ne nécessitant aucune connaissance particulière, il est réputé être le plus facile des 7.

L’important sera d’y aller « Polé-Polé » , ce qui signifie doucement en lange swahili. Le plus c’est que je devrai avoir le temps pour apercevoir quelques uns des big 9 en Tanzanie. Cela sera en effet la deuxième fois seulement où je mets les pieds sur le continent africain, après le Maroc. Pour info, les big 5 sont le rhinocéros, l’éléphant, le lion, le buffle et le léopard auxquels s’ajoutent le guépard, le zèbre, la girafe et l’hippopotame.

 

L’Elbrouz

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Avec ses 5633m, c’est bien le plus haut sommet d’Europe (ce n’est pas le Mont Blanc). Son nom Balkan est « Mingue Taou »et signifie « comme un millier de sommets » . Mon collègue blogger, Francois Quiquet (qui a déjà fait le Kili), relate son ascension de l’Elbrouz ici,  Je pense que cela sera mon deuxième sommet, en 2014. Il rêve de l’Aconcague, qui sait, on se croisera peut-être là-bas pour un départ commun ?

 

L’Aconcagua

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Son nom viendrait du dialecte Indien « Aconkauak » qui signifie la sentinelle. Avec ses 6962, pratiquement 7000 donc, c’est le toit de l’Amerique du Sud. Il se trouve en Argentine, à 13km de la frontière Chilienne. J’espère pouvoir en faire mon troisième sommet à condition de trouver des billets en promo en direction de l’Argentine en octobre 2014. Cela sera également l’occasion pour moi de réaliser un rêve en visitant du même coup la Patagonie.

 

Mont McKinley

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Le nom local de « Denali »qui signifie « la femme du grand » . Il culmine à 6 194 mètres au-dessus du niveau de la mer et se trouve approximativement au centre de l’Alaska. Alors que l’été, la température peut grimper au delà de 0 °C, l’hiver, la température descend régulièrement en deçà de -40 °C avec un record à  -73 °C. Cela serait une bonne occasion de visiter le Canada voisin.

A ce jour, j’ai toujours le regret de ne pas avoir rendu visite à une amie lorsqu’elle se trouvait à Montréal, au Québec, durant un an. De plus, lorsque je parcours l’article du magazine gratuit Repérages Voyages n.3 concernant la région du Nouveau Brunswick ou récemment, lorsque je vois les photos de ma collègue Aline du blog Nowmadnow sur Facebook avec de magnifiques aurores boréales ou des ours polaires, cela me donne encore plus l’envie d’explorer ces régions. Le Nouveau-Brunswick, la région des grands lacs, Québec, l’Acadie… Les couleurs d’automne, la renaissance de dame nature au printemps, les neiges éternelles au sommets, le quotidien des habitants de ces régions méconnues… D’ailleurs, pour votre hébergement, si vous cherchez la quiétude et la beauté des lacs, vous pouvez penser à l’Hôtel Manoir des Sables dans la région de Memphrémagog.

 

Massif Vinson

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Le Mont Vinson est le plus haut sommet de l’Antarctique avec ses 5 140m.  Les alpinistes désirant gravir la montagne doivent cependant avoir une certaine expérience en alpinisme, y compris en milieu glaciaire nécessitant l’usage de crampons, de piolets et de l’encordement. La meilleure période de l’année pour gravir le massif Vinson est l’été austral soit les mois de décembre, janvier et février En effet, en cas de temps dégagé, la température dans les tentes varie de 0 °C à-10 °C tandis qu’elle peut chuter jusqu’à -35 °C au sommet de la montagne et bien plus en cas de blizzard, phénomène fréquent

 

Puncak Jaya ou Pyramide de Carstensz.

Puncakjaya

La Pyramide de Carstensz est considérée comme le septième sommet et le plus haut sommet du continent océanien avec ses 4884m. Son nom local est  » Nawangdawee »qui veut dire « La fleur blanche » Le Puncak Jaya et les sommets avoisinants constituent un des rares endroits au monde où des glaciers sont situés sous des latitudes proches de celle de l’équateur

 

Everest

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Le nom tibétain est donc Chomolungma ou Qomolangma signifiant la « Déesse mère des vents  » et la translittération enchinois est Zhūmùlǎngmǎ Fēng  signifiant « déesse de l’univers » Poétique n’est ce pas ? Avec ses 8848m, c’est le toit du monde. Plus de 14 000 alpinistes ont tenté l’ascension depuis 1922 et plus de 4 000 l’ont réussie, bien aidés, pour la majorité d’entre eux, par les porteurs sherpas.   J’espère réaliser cet objectif en l’espace d’une dizaine d’années. Ce qui est, je pense, une fenêtre réaliste pour combler le fossé d’expérience nécessaire pour accomplir certaines des ascensions mentionnées ci-dessus. J’aurai tout loisir de m’exercer sur d’autres montagnes entre temps et cela me donnerai l’occasion de me lancer dans d’autres défis sportifs afin de garder la forme pour être toujours prêt lorsqu’une fenêtre d’ascension s’ouvrira. Et vous, vos défis ?

 

 

Un mail que je viens de recevoir sous peu avec cette question « Et ton tour du monde, alors c’est fini ? » Ma foi, si partir en tour du monde signifie enchaîner les pays les uns après les autres, seul ou à deux pour un an, alors oui, effectivement, cette envie et possibilité de tour du monde est pour le moment finie. Magda travaille depuis peu et je ne me vois plus réaliser cette aventure sans elle. Lorsque nous en avons discuté, nous sommes arrivés à la conclusion que l’on préférerait s’attarder longtemps sur un continent, l’Asie par exemple, plutôt que courir pour rattraper le temps.

De plus, ma façon de voyager autour du monde, en picorant de ci de là avec cette année New-York, le Pérou, le Japon, la Nouvelle-Zélande et d’ici la fin du mois, Chine, puis la Turquie, la Tanzanie, l’Inde, la Laponie et Dubaï l’an prochain me convient parfaitement. Je ne compte pas m’arrêter au bout d’un an et « reprendre une vie normale » comme la plupart. C’est ma vie normale…