Qui se cache derrière NowMadNow ?

Une nana avec deux bras, un appareil photo greffé sur le côté droit et un sac toujours trop encombrant.

Passons à une question plus sérieuse, si je te dis frites, tu me dis ?

Serait-ce une référence insidieuse à une attaque menée contre mon complice Chris… ? (blog de Chris : http://www.blogduvoyage.fr/) Il aurait été choqué que je lui passe une papa frita dans l’oreille lors d’une virée bolivienne, les garçons quand même !

Donc « frite », ce serait une arme régressive. Ou peut-être le symbole d’un petit royaume qui m’est un peu familier.

Une rencontre marquante durant tes voyages ?

Cela fait presque deux ans que je voyage, il s’agit donc d’une question difficile.

Je dirais ma jolie blondinette de maman. Depuis que je voyage, elle m’envoie des messages où elle me dit qu’elle m’aime. On n’était pas trop dans le genre déballage sentimental avant. Maintenant, on est mièvres à souhait.

Ton prochain projet ?

Je suis trop secrète pour partager ainsi mes projets…

Cela étant, en avoir c’est bien, les réaliser c’est mieux. Alors au lieu d’en parler, je préfère les préparer.

Avec qui aimerais-tu travailler et pourquoi ?

J’aimerais bien travailler avec Joey Starr, faire des formes infâmes en pâte à modeler et des virées urbaines. Je l’aime bien le monsieur, mais je risque d’être juste tapie dans un coin en me disant qu’il a de la présence le loustic.

J’aime beaucoup le travail d’Anne-Laure Jacquart, mais travailler avec elle suppose que j’aurais un projet à lui proposer, ce qui n’est pas le cas.

C’est dur de travailler avec quelqu’un…

Ton dernier coup de cœur, que ce soit musical, vidéo, visuel…

Je m’intéresse terriblement au dessin et au street art, les grafs de qualité qui ponctuent et dynamisent les villes. J’ai pu voir plusieurs fresques de Roa et comme tout le monde je suis sidérée.

Au niveau cinéma, j’allais voir des films presque tous les jours avant de partir, mais voilà sur la route ce n’est plus le cas. Je ne peux donc pas nommer un film qui m’ait fait sautiller dernièrement, et c’est bien dommage. Les films, c’était ma religion, je leur vouais un culte kabbalistique.

Sur le plan musical, je me plonge de plus en plus dans l’œuvre de Vivaldi, un petit jeune qui a la capacité de me donner beaucoup la chair de poule.

Durant ton voyage, qu’as-tu appris sur toi-même ?

Que j’étais plus forte que je ne pensais. Que je pouvais dompter mon bordélisme aigu. Que j’avais besoin d’une poignée de personnes. Que j’allais m’embarquer dans des projets pas très nets mais très marquants. Que j’ai besoin d’expérimenter. Que je suis ridicule, romanesque, excessive, et surtout que je ne sais rien.

Si on te disait de partir où tu veux avec 3 objets, ou iras-tu et que ferais-tu ?

Un garçon, c’est un objet… ? Je crois à l’Homme-Objet, alors je dirais que oui.

Je vais me plier à ta question: je prendrais alors mon appareil photo, mon ordinateur et un crayon.

Un de ces derniers dessins :

La destination importe peu: j’essaie vraiment de considérer chaque endroit avec le plus de curiosité possible.

Mais si on m’offre le billet, je veux bien retourner au Vanuatu ! C’était au tout début de mon voyage, l’étape qui m’a fait comprendre pourquoi j’avais entrepris ce périple en solo et comment je voulais le mener concrètement. Il y a énormément à explorer là-bas, c’était très intense et marquant, un mois sur place n’a fait qu’attiser ma fascination.

Ce qui te manque le plus en voyage ?

Mes proches. Le quotidien confortable et prévisible (que je fuis aussi). Courir autour d’un étang.

Est-ce que tu suis les actualités durant la route ou tu t’enfermes dans ta bulle ?

Je me connecte de plus en plus régulièrement sur les sites d’informations. Juste pour prendre ma dose quotidienne, même si cette lecture est superficielle, les yeux occupés à regarder les paysages, distraite par la langue étrangère qui m’entoure.

Je me sers en fait de ce moment pour « couper » un peu avec mon voyage, pour revenir vers un rituel de sédentaire.

Mais tout cela est soumis à la qualité du réseau internet ! Au Vanuatu, je n’ai appris la puissance du tsunami et l’incident nucléaire de Fukushima que lorsque nous avons été évacués en pleine nuit vers les collines… Les autorités locales ont alarmé les propriétaires et demandé l’évacuation des personnes vivant en bord de mer par peur d’une vague de la même ampleur. (l’article : http://www.nowmadnow.com/?p=319)

Si je dis, tout voyageur est une personne qui se cherche et qui se fuit, tu es d’accord ?

Diantre, absolument !

Je suis partie aussi parce que je ne pouvais plus me supporter. Aujourd’hui je vois davantage mes projets concrets, un peu moins mes défauts.

Les voyages dans l’espace, cela te branche ?

Oui. Je suis fascinée par l’apesanteur, l’idée de ne plus être lestée sur le sol et pouvoir faire des pirouettes dans les airs comme une décérébrée.

Mais la petite planète bleue me fascine davantage, surtout les humanoïdes.

Un appareil photo, pour toi c’est ?

Mon bras droit.

Il me permet de mieux voir. C’est aussi un tyran, qui me force à me lever tôt, à être ordonnée, encore plus curieuse. Me fait parler à des gens charismatiques mais louches, ou mutiques mais expressifs. Il me socialise l’animal, même quand je suis en terre très lointaine.

Je crois que je suis engagée dans une relation monogame avec mon appareil photo.

Ton blog, moyen d’expression, d’identification, loisir ou une des voies professionnelles ?

Mes proches me rappellent, à raison, qu’ils ont dû insister pour que je tienne un blog… Je n’avais pas du tout envie d’une « identité virtuelle ». Pourtant, je lisais énormément de blogs en préparant mon voyage.

Ecrire un blog, c’est pour moi un espace de jeu et d’expérimentations. Qui me permet en outre de rencontrer des gens bien sympathiques…

Je ne me censure jamais sur mon site, à l’exception d’un article sur le Vietnam que j’ai, à tord, passé à la trappe. Je le publierai prochainement.

Si tu avais l’occasion de revivre un moment de l’histoire, que revivrais-tu ?

La fin de la seconde Guerre Mondiale. Me promener à Berlin à la mort d’Hitler, une ville presque entièrement détruite. L’Union Européenne est née pour que cela ne se répète plus jamais. Découvrir les lendemains de la guerre, entre horreur et nouvelle utopie, cela est sans doute l’expérience historique qui me tenterait le plus.

Une question à me poser ?

On se lancera des défis idiots quand on se rencontrera ?

(ma réponse ? 😉