#Chine La vallée colorée de Jiuzhaigou dans le Sichuan

La Chine recèle de nombreux trésors. Je vous avais déjà partagé les magnifiques images des pêcheurs au cormoran de la rivière Li et les formations Karstiques de Xinping ainsi que ma balade dans l’ancienne cité Pingyao dont l’enceinte est les maisons de bois à un étage sont toujours conservées. Je vous ai également conté mon escalade des 60 000 marches jusqu’au sommet du Mont Emei Shan… A ces noms exotiques, ajoutez à présent Juzhaigou (prononcé chiusaikou). Cette perle de couleurs et immanquable réserve naturelle chinoise inscrite au patrimoine mondiale de l’Unesco se trouve dans la province du Sichuan, à l’extrémité sud des Monts Minshan.

Elle se trouve sur un plateau karstique accidenté, fruit de glaciations, de tremblements de terres et de mouvements de terrains, qui s’élève de près de 2000m et culmine à 4558m au sommet du ravin de Zechawq où se trouve le Mont Ganzigonggai. Elle est placée sous la juridiction de la préfecture autonome tibétaine et qiang d’Aba. Cette influence tibétaine est très présente et remonte au VIIe s lorsqu’une tribu s’y établit en suivant Songtsen Gampo, l’un des trois rois religieux du Tibet (celui qui fonda Lhassa et fit construire le premier bâtiment du Palais du Potala), dans sa campagne militaire contre la Chine.

La région est connue et réputée dans tous le pays pour la beauté de ses lacs et de ses chutes d’eau majestueuses. Le parc est également apprécié pour ses nombreuses espèces endémique, la richesse de sa flore et ne manque pas de ravir les ornithologues amateurs car il comprend plus de 140 espèces d’oiseaux. Mais ne me demandez pas de vous en citer, pour ma part, je n’ai rien vu… Parmi les espèces protégées et menacées on retrouve le légendaire panda géant, le singe doré à nez camus ainsi que le takin du Sichuan (animal emblématique du Bhoutan) et qui ressemble au gnou africain.

le singe doré à nez camus à gauche source et le takin du sichuan source

La légende locale veut qu’une déesse, qui reçut un miroir en guise de preuve d’amour, le brisa en 118 morceaux qui se transformèrent en autant de lacs. Des 9 villages tibétains qui donnèrent le nom à cette vallée (ravin des 9 villages), 6 sont encore habités et la population de 800 habitants est répartie en 112 familles. Depuis la mise en place du programme de sauvegarde et par conséquent l’arrêt de l’exploitation forestière et de l’agriculture, celle-ci ne vit que des subsides du gouvernement et du tourisme et est en baisse constante; le départ se faisant sur la base du volontariat. Néanmoins, attendez-vous à une forte présence touristique car ce parc de 720 km² c’est un peu le Yellostone local… néanmoins, quand on en voit la beauté, on comprend rapidement pourquoi. Je vous rassure, il y a des passages, que je vous dévoilerai plus bas, où on se sent seuls au monde.

En Europe, on retrouve ce riche système lacustre au parc national de Plitvice en Croatie

Les couleurs automnales du parc de Jiuzhaigou

Avec près de la moitié de la zone couverte de forêts, lorsque vient l’automne on assiste à une explosion de vives couleurs forestières (et, accessoirement, de touristes à 90% chinois) qui viennent cotoyer les tons nuancés de bleu, de vert et de violet des différents lacs et cascade. En haute saison c’est jusqu’à 12 000 personnes qui se concentrent en certains points très photogénique du lieu – et délaissent quasiment tout le reste.

Transport

S’y rendre est en soi un voyage car, bien qu’à 300km à peine, il faut près de 10h de bus depuis Chengdu (l’autre possibilité étant de prendre l’avion jusqu’à Chongqing où vous attend encore 1h30 de trajet jusqu’à Jiuzhaigou). Mais si vous partez en bus avec des locaux, comme ce fut mon cas, vous aurez de nombreuses raisons de ne pars fermer les yeux car le panorama dans les entrelacs de la vallée Fu ou le long de la rivière Min vaudront la peine de rester éveiller de longues heures (même si vous souhaiterez ne jamais les rouvrir lorsque votre conducteur de bus doublera dans des tunnels avec une visibilité nulle). N’oubliez pas de prendre avec vous quelques fruits (comme des clémentines ou des pommes) que vous échangerez, avec votre voisin, contre des délices locaux comme des pattes de poulets épicés.

Les conversations sont parfois fascinantes. J’ai eu droit, au retour, de la part d’une avocate chinoise aux affaires matrimoniales mariée à un inspecteur des affaires criminelles, des détails les plus croustillants des affaires de meurtres de maris ou d’épouses trompées. Détails presque aussi croustillants que mes pattes de poulets. On échangea par ailleurs sur les conditions de la femme en Chine et elle me fit part des nombreuses améliorations depuis la croissance chinoise. Pour sa part, elle n’avait pas à se plaindre, elle gagnait beaucoup plus que son mari et ce dernier en étant très fier. Il l’appelait d’ailleurs son “petit bouquet d’argent”.

Comportement

Le touriste chinois à Juzhaigou est… spécial. N’hésitant pas à vous bousculer sur quelques passages escarpés quitte à vous faire tomber, s’asseoir sur les marches des escaliers pour prendre son déjeuner alors que la foule presse ou encore déplacer votre trépied pour prendre sa photo. Il aime également, en amoureux de la nature soucieux de préserver ce lieu pour les génération à venir, jeter, dans ce joyau national à l’écosystème fragile et sous pression, détritus et papiers alors que la poubelle qu’il vient de dépasser lui tend les bras. Devant ce comportement, la première fois je suis resté abasourdi et n’est pas réagi assez vite avant qu’un coup de vent n’emporte le papier dans l’eau, la deuxième fois j’ai froncé des sourcils en ramassant le papier et la troisième, je l’ai pris par le bras, je l’ai ramené et je lui ai fait ramasser et mettre son emballage proprement dans la poubelle avant de lui gueuler dessus en anglais. Sachez que je ne vous pousse pas à rudoyer les petits poucets locaux mais quand même…

Certains chemins, fermés à mon passage pour “rénovation”, sont totalement praticables quoique je ne m’y risquerai pas forcément en cas de verglas…

Infos concernant le parc Jiuzhaigou  :

  • malgré les lacs, pas de soucis de moustiques
  • attention tout de même à l’altitude, le point le plus haut du parc est à 3100m, certains d’entre vous peuvent être sujet au MAM
  • pour apprécier la promenade, marcher sur les pans de chemins du coté du lac opposé à la route, il y a moins de monde
    de l’entrée jusqu’au point le plus haut du parc, il faut au moins 6h de randonnée pour avaler les 30km
  • l’entrée coûte 220 Rmb (moitié si vous avez votre carte étudiante 😉 et les conducteurs du bus ne vérifient pas si vous avez votre ticket pour le bus (à acheter en supplément)
    officiellement, il est interdit de dormir dans l’enceinte du parc mais officiellement, vous pouvez négocier avec un tibétain si vous ne souhaitez pas payer le ticket à chaque fois
  • il peut faire très froid en hiver (-20) et en octobre, j’étais très content d’avoir des couvertures chauffantes dans mon auberge
  • télécharger la carte du parc Jiuzhaigou


[well]Pour préparer votre séjour en Chine

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Mon petit chez moi chez l’habitant