Il y a quelques temps, j’ai dit que je n’aimais pas les musées.

C’est toujours vrai. Mais plus totalement.

Depuis la visite guidée du musée Guggenheim, à l’occasion de ses 15 ans, et de la ville de Bilbao qui l’accueille, j’ajouterai une nuance. Une nuance importante. Je n’aime pas les musées sans un guide intéressant et passionné.

 

Il est en effet une chose de se balader, dans sa jeunesse, accompagné d’un guide qui joue plus le rôle de surveillant auprès d’une horde de jeunes écoutant d’une oreille distraite le discours blasé de ce dernier, il en est une autre de profiter d’un guide, presque particulier, s’adressant à des adultes qui sont vraiment attentifs.


J’ai donc fait, à l’age tardif de 26 ans -il n’y a pas d’âge-, une première expérience culturelle fort agréable (comme quoi).

Avec le bon guide et un groupe restreint, une visite guidée peut être intéressante et le musée a tout de suite une autre saveur ! Un musée c’est un réservoir d’oeuvre dans lequel, habituellement, je me noies.  Wikipedia, la gavage d’informations brutes sur internet tel une oie réduise votre  réception de l’oeuvre à peau de chagrin, tout du moins la mienne ! Trop d’informations, pas assez de compréhension. On ne saisit pas toujours le message, dont le sens nous parvient parfois déformé, bref, la frustration nous guette.

 

Voici la vidéo de la visite ou vous pouvez m’apercevoir brièvement (et j’en suis bien content), un article sur Bilbao suivra bientôt 😉

 

Guggenheim : voyage de Serra, à Oldenburg en passant par Egon Schiele

 

Richard Serra, la matière du temps

 

Serra c’est la démesure à l’américaine  130 mètres de long.130 mètres de long pour s’exprimer artistiquement. Du lourd donc. De grandes sculptures géométriques, se soutenant mutuellement, rouillant avec le temps. On les traverse. Il fait sombre. Collusion avec des ombres. On touche, on sent, on réfléchit.  Lumière  texture, espace. Transformation de l’oeuvre, tout y passe. On se demande trivialement comment on a acheminé ces grandes plaques. Puis on se demande comment on les a faites, comment on leur a donné leur forme et, au final, on s’interroge sur le temps qui les transforme.

Les réponses se trouvent non loin. Dans la salle, que j’ai nommé, celle des pourquoi et des comment.

 

On se balade un peu comme un gosse dans un labyrinthe géant. Ensuite, on passe voir Schiele.

Egon Schiele, l’artiste précoce

 

Egon Schiele.

Mort à 28 ans de la grippe espagnole.

10 ans de création.

Plus de 2500 oeuvres et plus de 330 peintures au compteur.

Passé par l’académie de Vienne, influence puis rupture avec le style de son maître Gustave Klimt.

 

Force est de constater que, plus d’un siècle après  l’oeuvre de Schiele interroge et dérange toujours. Enfin moi, cela me rend -un peu- mal à l’aise. Surtout que les garçons, eux, sont habillés. Je voudrai poser la question à notre guide mais je l’ai perdue de vue. Dommage.

Ces portraits d’enfants, particulièrement. Où les petits filles nus foisonnent.

Choix artistique qui se verra récompensée par une incarcération qui laissera des traces.  Raison : « Atteinte aux bonnes moeurs ».

Surpris ? C’est un peu le rôle de l’art de ne pas nous rendre indifférent.

Cela me fait penser à ces jeunes mannequins de 13 ans,  habillées en adulte, à qui l’on demande de prendre des poses lascives.

Point de coupable pour la mode cependant.

 

Claes Oldenburg, les 60’s

 

Je voulais découvrir une atmosphère. Celle des années 60. Comment la rendre ?

Prenez des objets du quotidien et augmentez leur taille. Changez également leur texture.

Voilà. Vous avez des formes gigantesques qui évoquent les années 60. Vous pouvez restez scotcher devant.

Le rendu ? On a l’impression d’être un lilliputien qui se promène dans un monde coloré et mou. Frites, aspirateurs, cornets de glace, prises électriques géantes, interrupteurs.

Ce qui fut aussi intéressant, c’est de rencontrer l’artiste.

 

Claes Oldenburg, 83 ans vient répondre à quelques questions.

Pas les miennes -évidemment-.

L’âge et l’oeuvre lui donne un air de sage.

C’est rare d’avoir la chance de côtoyer l’artiste, ici, en votre présence.

Une autre première fois pour moi.

Alors on se tait et écoute.

On surprend quelques propos teintés d’ironie lorsqu’une question, un peu naïve, surgit.

Pourquoi vous créez moins qu’avant ?
Car je passe beaucoup de mon temps à expliquer ce que j’ai déjà fait.

 

Le tout se termine dans un temple de Mickey qui comporte tous les petits éléments, réels cette fois-ci, qui ont servis d’inspiration à l’artiste.

 

A SAVOIR

L’exposition Egon Schiele est présente du 2 octobre 2012 au 6 janvier 2013.

L’exposition Claes Oldenburg, financée par la Fundación BBVA, est présente du 30 octobre 2012 au 17 février 2013.

photos © Piotr Kroczak – Bien Voyager