Cher Frodon, t’ai-je parlé de mon voyage à Berlin avec Piotr ?
En 2012, selon le décompte de la Comté, ce fut Prague, cette fois-ci, en 2013, ce fut Berlin. Du 29 décembre au 1er janvier.
Un bien long voyage durant lequel nous rencontrâmes plein de gens aux expressions étranges, pleines de « ach » et de « och » mais très gentilles au demeurant !

Bon, certes, cela ne vaut pas, selon moi, une balade dans les rues de New York City ou réellement aller sur les traces de Bilbo à Hobbiton, en Nouvelle-Zélande, mais cela reste bien sympathique.

 

Une promenade au parc Tiergarten

Il fallait partir en reconnaissance sur le chemin menant à la porte de Brandenburg. C’était là où allaient se dérouler les feux d’artifices (loin d’égaler ceux de Gandalf si tu veux mon avis). Ce chemin passait par le parc Tiergarten. Il y a bien des animaux dans un zoo mais point de trolls et de dragons. Il y a aussi des humains, beaucoup, qui se comportent comme telle mais c’est un autre problème. Bien que certains avaient de longs cheveux blonds, peu avaient la grâce des elfes, d’ailleurs, si on observait bien, il se trouvait aussi parmi eux un peuple bien étrange, que l’on nommait les hypsters. Mélange grotesque de nain avec une barbe prépubère, de regard sans intelligence d’orc à l’accoutrement séant à un elfe sans goût !  Il vaut mieux les éviter, lorsque l’on en croise un, son regard parfois condescendant attire les claques.
 On n’avait alors de la chance, le temps s’était alors éclairci et les averses annoncées ne nous avaient pas encore rattrapé. (Pour le moment) Bon, je laisse là les références à Tolkien 😉
Avec quelques feuilles en plus, on se serait d’ailleurs crû en automne…

 

Un Berlin un peu triste…

Pas de neige; un peu de pluie, beaucoup de temps gris, la météo eut un arrière goût amer. Le même qui vint ternir notre séjour à Prague il y a un an de ça  Pour le prochain nouvel an, c’est décidé, on part vers une destination plus clémente. On troquera manteau et bonnet chaud contre maillot de bain ;  nuages et grises mines contre quelques rayons de soleil et teint halé. Si vous avez des idées et des bons plans, je suis d’ailleurs preneur !
Et puis ces vides… ces friches, ces trous étranges au milieu de la ville. Berlin semble avoir un eczéma mal cicatrisé.
Evidemment que, d’un certain côté, les squats, terrains abandonnés et autre friches industrielles, cela a aussi son charme (encore que sur le coup, on est loin d’être enchanté) et puis ce vide et donc ces terrains non construits permettent assurément de baisser le prix des terrains fonciers (ainsi que de la location) et d’éviter la folie parisienne à ce niveau, ce qui loin d’être un mal. D’ailleurs,  pour visiter ces friches, avoir un bon guide, comme à Bilbao ! Malheureusement, Aline du blog Nowmadnow qui a vécu dans le coin n’était pas disponible et on était trop feignant pour travailler notre allemand avec un couchsurfer qui aurait pu nous indiquer des friches industrielles sympas. (ach, ces faignants deuch blogueurs !) Nachste Mal !

 

Et si le mur de Berlin n’était pas tombé ?

Et là, c’est le drame, je suis parti en mode #EtSI ?

C’est la question – un peu stupide sans doute- que je me suis posée lorsque je me suis trouvé face à lui. Le fixant intensément par une journée grise au ciel d’un blanc laiteux, uniforme, propice à des réflexions un peu moroses alors que l’air était baigné par cette atmosphère de fêtes de fin d’année.
Et si le mur n’était pas tombé… et si les barbelés, les chemins de la mort, les miradors, les chiens et les hommes armés étaient encore là ? A surveiller, à traquer et à éliminer les potentiels dissidents, seriez-vous ici à me lire ? Moi qui vivrait probablement derrière ce mur, en Pologne, non par choix mais par défaut  non loin de la frontière allemande d’ailleurs, prisonnier d’un système archaïque et liberticide, quel vie aurai-je alors ? Peut-être aurai-je été tenté par un désir de liberté, en quête d’un avenir meilleur ?

Peut-être aurais-je échoué, comme tant d’autres, dans cette tentative suicidaire et le mur aurait alors pris ma vie anonyme. Peu de chances que je sois devenu blogueur et ne parlons même pas de voyages. Dans les systèmes autoritaires, la liberté d’expression ainsi que la liberté de mouvement, comme on le voit de temps en temps sur nos écrans, entre deux pubs, ne font pas bon ménage.

Ce genre de pensée permet, au final, de relativiser par rapport à notre quotidien. Une petite pensée négative qui est comme une petite piqûre de rappel. Cela nous force, durant quelques instants, à regarder le monde qui nous entoure sous la lumière de ce que l’on a et non de ce que l’on n’a pas, ou de ce que l’on voudrait avoir. Une forme de minimalisme en somme.

Et même si un mur est tombé, à bien y regarder, encore beaucoup d’autres murs sans doute moins mortelles, mais bien réels, nous séparent encore d’un avenir radieux pour nous et les générations à venir… et ces murs, je crois que nous les avons construit nous-même et nous continuons à le faire. Fin de l’aparté.

 

Contre ces noirs pensées  nous trouvâmes refuge dans le temple de toutes les jeunes âmes épeurées  Un temple fleurit de calories, une ode bien réelle au vieux conte d’Hansel et Gretel. Les prouesses des chocolatiers avaient de quoi vous donner envie de contrevenir à l’obligation de ne rien toucher avec vos doigts. Des sculptures en veux-tu en voilà : la tour de communication, la porte de Brandenburg, un avion… Tant pis, on mangeait avec les yeux. Je fus, il faut l’avouer, hypnotiser par son fontaine à chocolot et son « blop » « blop » discret.

 

On continua les distractions avec quelques peluches et autres jouets en bois qui faisaient le bonheur des petits et des grands. On n’avait pas le droit de prendre de photos des jouets en bois et alors que, doué comme je le suis, je mitraillais tout ce qui se trouvait sous mes yeux pendant que la caissière discutait avec les clients celle-ci vint gentiment me rappeler que cela est interdit (ach ces blogueurs, ich ne respectent rien !). Par la suite, je me rendis compte que j’avais mis les mauvais réglages et il ne resta pas grand chose d’exploitable de mon mitraillage. Preuve qu’il y a une justice qui ne joue pas en ma faveur.

Les allemands et leur Trabant. L’équivalent est-allemand de la coccinelle ! Une véritable histoire d’amour, quelque peu forcée, qui ne survit pas à la chute du mur. A ce moment là, les caméras du monde entier filmèrent une horde de Trabant roulant vers l’ouest ! Ceux qui ont vu l’ excellent film « Good bye Lenine » sur la chute du mur la connaissent 😉

La Trabant eut sa petite vengeance de cette rupture brutale. Fabriquée à partir d’un matériau qui ne rouillait pas, le Duroplast , il fallut introduire une bactérie génétiquement modifiée, que l’on nomma  la « trabicille »  dans les carrosseries pour pouvoir en venir à bout. ( imaginez une bactérie éliminant les imbéciles ? L’ appellerait-on la imbécilecille ? 🙂 Cela ferait un ravage chez les politiques ça !)

La suite au prochain article 😉

Info utiles aux voyageurs :

  • Pour les amoureux et gourmand du chocolat :

Fassbender & Rausch Chocolatiers am Gendarmenmarkt · Charlottenstraße 60 · 10117 Berlin :le site