Récit de voyage sur New York City. Dans les rues mortes et enflammées de Bronx ou de Harlem, monde sans foi ni loi si ce n’est celle de ses armes et de ses bras, le blanc se porte mal, surtout sur la peau. Surtout si c’est la mienne. Brooklyn, alors que la mafia russe de Coney Island fait une énième razzia dans le quartier polonais de Greenpoint, enfermant sous vos yeux, dans un coffre de voiture aux vitres teintées un garçon de bonne famille sortant de l’Eglise catholique  ; dans le Queens, mexicains, portor-ricains et tout ce que compte comme jeune racaille paumée et sans travail d’orgine sud-américaine est venue s’entre déchirer à la sortie des bars pour quelques mots de trop. 

 

(je n’ai malheureusement pas pu travailler les nombreux clichés et assembler les images en un carnet de voyage. J’ai surestimé la puissance de mon petit netbook, je tacherai de me faire rattraper avec une mise à jour à mon retour de Pérou)

 

Ce tableau idyllique est celui que me dépeignent quelques new yokais qui n’ont probablement jamais mis un pied en dehors de Manhattan. Star Bucks ou auberges de jeunesses, on en trouvera toujours un pour vous abreuver de sa vision noire de New York, probablement pêchée dans la réalité que fut la ville alors qu’elle était rongée par la délinquance et la déliquescence de la police… dans les années 80.

Dans la réalité de ma courte expérience, après de nombreuses balades durant lesquelles j’ai pu (et pas que par choix, ne jamais se fier uniquement aux applis cartes de son smartphone quand on a plus de batteries) me perdre dans ces dits quartiers, il me semble qu’il faut relativiser. Et puis…

 

New York c’est grand !

 

On ne s’imagine pas à quel point est grand. Je ne m’imaginais vraiment pas à quel point c’est gigantesque. Les grattes ciels et central Park ce n’est qu’une petite partie du visage de New York.

Pour se coucher moins bête, wikipedia nous dit que la surface de New York c’est 1 214,4 km2  , par comparaison, la surface de Paris c’est 105,40 km2  Brooklyn a lui seul est pratiquement 2 fois plus grand que Paris (182,9 km2) Goerge qui m’a hebergé 3 nuits et m’a fait visité la ville l’exprime parfaitement. Je veux dire, c’est la démesure à l’américaine.

Alors quand je demande à Goerge à quel point NYC est grand…
How big is New York ?, répète t-il avec un sourire. Il me répond d’une claque dans le dos… New York is so biiiiiiiiiiiiiiiiig you can even imagine it !
Quelle taille fait New York ? New York est une ville tellement grannnnnnnnnnnde que tu ne peux même pas te l’imaginer.

Cool, me voilà bien avancé.

Bref, j’en suis arrivé à la conclusion que l’on ne marche pas dans New York. Enfin, en hiver, on marche mal. On porte de lourdes chaussures, on se fatigue vite, les trottoirs sont assez casse gueules en dehors de ceux qui sont déblayés dans Manhattan ou ailleurs, par les propriétaires des magasins eux-mêmes. (c’est qu’un procès pour mise en danger d’autrui serait vite arrivé si vous tombiez sur son bout de trottoir dont il a la charge…)

Prenez un bus à touristes, prenez le métro, un taxi mais ne vous amusez pas à remonter la cinquième ou broadway à pied… je veux dire par là que de la pointe sud de Manhattan jusqu’au début de Central Park, vous en avez juste pour 8 petits km environ 🙂 Je l’ai fait 2 fois dans la matinée… et m’entraîner au marathon. Observer les gens dans le métro est également une activité distrayante.

Extrait de carnet de voyage.

Chaque quartier de New York luit d’une beauté brute et sauvage comme un diamant non poli. Même un jeune chercheur d’or comme moi ne peut que le remarquer. Certes, il faut ouvrir un peu les yeux et les lever de son smartphone, écouter et non entendre, se perdre et ne rien chercher pour mieux trouver l’éclat intérieur.

 

Queens

C’est là que réside Goerge, le couchsurfer qui m’a hébergé. Roosevelt Avenue. Accents hispaniques, portugais, mexicains, colombiens, porto-ricains indiens et j’en passe au menu. Cela donne le tournis set s’y promener donne faim.

Pour les amateurs de grafitti et même pour tous les amateurs de peintures murales, allez faire un tour à 5 Pointz avant qu’ils ne le détruise. Endroit magique !

Pour votre logement à NYC, je vous recommande le Q4 dans le Queens, auberge vraiment sympathique et à un très bon prix. Testé. Cuisine équipée, salon, billard, fléchette, guitare  salle de ciné, salle de repos, salle de bain dans les chambres, coffres sous les lits… on croise des gens intéressants !

 

Harlem

Il vous faut remonter la 125th street jusqu’à l’Appolo theater pour avoir un bref aperçu de l’atmosphère du coin. C’est un mélange architectural étrange entre bâtiments en cours de délabrement et constructions récentes et rénovées. Il y a rien à dire, cela se boboise également. Un petit café où tu payes ton omelette 8$ sans qu’elle ait un gout extraordinaire. J’aurai du me méfier en voyant des barbus slims avec lunettes 0 tapotant sur leur Mac book pro.

J’ai manqué de participer à une séance de Gospel dans une Eglise, je suis impardonnable. Malheureusement, on n’était pas dimanche…

 

Bronx

A la sortie de la ligne 5, angle entre E241 St et White Plains. « Plainesblanches », il y a longtemps, il y avait des champs ici, douce ironie. Depuis Harlem je suis le seul blanc dans le métro et cela doit fait longtemps que ces « champs » n’ont pas vu de bêches  On arrive au terminus, je suis une mamie black à la démarche chaloupée ponctuant chacun de ses pas dans l’escalier d’un soupir de mourante suivant d’un gracieux “Damnedfuck !” Ayant déjà descendu le tiers du chemin, je la vois stopper net et rebrousser chemin fissa à la vue de deux blacks dont la taille des bras devait bien faire celle de mon torse. Scène au ralentit, mes sens se réveillent, une petite cloche sonne dans ma tête  L’un se tient à l’angle de la rue, les bras croises, mâchant un cure dents qu’il fait tourner à droite à gauche, un bandana rouge couvrant son oeil droit, l’autre, vu sa taille, doit probablement être le descendant d’un ours, il fait craquer ses jointures et mâche lentement en schwim gum. Ils guettent.


Mais ce n’était pas nous qu’ils attendaient. Je préférai ne pas savoir pourquoi deux videurs surveillaient la descente d’escalier d’un métro pratiquement vide.  – une photo les amis ? – Ce n’est pas comme s’il y avait foule sur la rampe. Les jambes de la grand-mère black retrouvèrent une seconde jeunesse. Pas un mot ne sortit de sa bouche. Je ne demandais pas mon reste non plus. A la seconde sortie, un autre type attendait également mais il paraissait plus « chaleureux ». Lorsqu’il vit passer ma teinte de fromage blanc sous ses yeux, il posa sa large main sur mon épaule – je déglutis-  il me fit un sourire 40 carras et me sortit un petit sachet en plastique qui paraissait minuscule dans le creux de sa main. Je lui fis mon plus beau sourire et je lui dis que “non, pas cette fois.”

 

Il me lâcha, rangea tranquillement son paquet et me sourit de plus belle. “Il va t’attendre sagement petit homme”, tapotant sa poche. Je respire. Il est vrai qu’a côté de lui, je faisais bien Gulliver chez les lilliputiens, moi dans le rôle des lilliputiens. Cette courte et intense aventure mise à part, mon coeur retrouva un rythme normal. On me proposa un peu plus loin quelque “fortifiant” mais ce fut de manière plus classique et moins courtoise. Je sais, je sais, cela aurait pu mal se finir… mais cela ne sert à rien de céder à la panique. Il me fallait maintenant me fondre dans le décor, tel un rocher noir dans le désert blanc.

 

Pour le reste, les gens ne vous sautent pas au cou bien qu’ils vous jettent parfois un regard mi curieux mi amusé lorsque vous prenez des clichés. Des clichés de quoi ? On se demande bien. Quelques minutes plus tard, un grand père accolé au mur me héla.

“Que fais-tu jeune homme ? Tu cherches l’inspiration ou des ennuis ?”

“Inspiration. Je cherche des souvenirs.”

“De mon temps, les gens de ta couleur venaient plutôt trouver des problèmes ici. Mais les temps ont changé… Il me fixe. Cela n’est pas trop un coin pour toi. Tu es blanc et tu es un peu trop visible ici. La nuit… mmmh, la nuit, cela peut être risqué garçon. Évite la nuit. La nuit change les hommes…” Il semble regarder quelque chose qui me semble hors d’atteinte, peut-être hors du temps. Je le remercie et je repars.

 

Il n’avait pas tort. L’atmosphère était différente, pas agressive, loin de là, mais ce n’était pas la même sorte de vie que dans les autres quartiers. Pas de frénésie dans les déplacements, une prudence sourde, un calme attentif. On était au bout du Bronx. Les touristes ne viennent pas ici. Un petit coin de misère par rapport au luxe éclatant que l’on croise ailleurs. Je n’ai pas croisé de NYPD. Je soupir. Cela fait deux fois, au croisement, que je vois un gamin sur un vélo qui a son regard pointé sur moi. C’est peut-être rien mais je préfère suivre mon instinct, je ne souhaite pas jouer une seconde fois sur ma chance, je peux tirer la mauvaise carte, je reprends le métro. Si je reviens, cela sera avec un habitant du quartier…

 

Brooklyn

Little Poland. Entre Greenpoint Avenue et Nassau. Ligne G (verte). Boutique en polonais, plats en polonais, magazines en polonais, mamies parlant polonais… oui je me répète mais c’est vraiment étrange alors que l’on a encore une vue sur la skyline de Manhattan de se sentir un peu chez moi en fait. Je mangerai d’ailleurs un plat polonais au restaurant du coin.

Brighton beach que l’on appelle aussi Little Russia. Beaucoup de russes, de mamies avec des Chapka plus grosses que celles des polonaises. A croire qu’elles font un concours. Des mecs au crâne encore plus rasé. Ne manquez pas une balade à Coney Island pour voir le vieux parc d’attraction.

 

Il y a encore tant à dire… je vous parlerai du nouvel an chinois, de street food, de graffitis, de la majesté de la National Library… de mes pensées qui voguent selon mes pas. Next time I swear !