Pourquoi en suis-je arrivé à demander à sortir de l’avion ? J’y répondrai en fin d’article…

 

Pour les poches trouées et les portes monnaies d’étudiants comme moi, les compagnies low cost comme Ryanair, cela représente des économies substantielles que l’on ne peut négliger.

Ces économies, c’est le fossé qui sépare le rêve et la découverte de cultures à portée de main, de sa réalisation.

Entre payer 35 euros et 400 euros un AR Wroclaw-Paris, le calcul est très vite fait, même en prenant en compte les 30 euros aller retour de Beauvais.

Au final, la bourse un peu moins vide, on part pour profiter d’une destination, non pour se ruiner en transport.

J’aime cette philosophie qui a permis à tant d’entre nous de parcourir l’Europe à moindre coût.

Je crois sincèrement et sans doute naïvement que cette démocratisation du voyage a fait autant que l’ouverture des frontières.

 

Lorsque l’on connait l’autre, que l’on partage son pain et le vin, il est plus difficile de le haïr.

Les programmes d’échanges étudiants, comme Erasmus actuellement en danger, ont beaucoup faits pour nous rapprocher des autres habitants de l’Europe.

Moins on a d’argent, plus on utilise des moyens qui nous amènent à tendre la main, je pense notamment au couchsurfing, au woofing, au stop…

Que ce soit Wizzair, Easyjet ou Ryanair, j’ai profité de ces compagnies low cost  parce que… justement, elles sont à bas prix.

Etant étudiant,  j’ai été l’un des organisateurs et des accompagnateurs d’un séjour d’une semaine à Dublin pour 55 personnes. La combinaison low cost + auberge de jeunesse est plus qu’une évidence  c’est la seule voie possible pour bouger.

J’ai eu quelques occasions de voyager sur des compagnies nationales, Lufthansa, Iberia et on sent la différence. C’est agréable. Mais cette différence, on la paye. Cher.

 

Nous connaissons tous les frasques et les envolées littéraires de l’emblématique patron de la compagnie Ryanair, Michael O’Leary, qui n’hésite pas à susciter la polémique pour profiter d’ une campagne de pub gratuite.

C’est le jeu marketing et il sait bien y jouer.

Quelques exemples de son cru.

« Les gens disent que si vous voyagez debout vous serez tués en cas de crash. Avec tout mon respect, les passagers assis pourraient mourir également. » Décembre 2009

« Allons-nous vous rembourser un ticket non remboursable parce que votre grand-mère est morte soudainement ? Non ! Allez vous faire voir. Vos histoires ne nous intéressent pas ! » New York Times – Juillet 2009

 

« Le consommateur européen ramperait nu sur du verre cassé pour avoir des billets pas chers.« 

 

Voici l’un des nombreux propos « chocs » de Michael O’Leary. 

C’est imagé mais sommes-nous réellement loin de la réalité ?

Derrière la métaphore, peut-on imaginer que nous sommes prêts à nous mettre en danger dans le souci de dépenser moins ?

C’est ainsi que je l’interprète.

 

En ces temps incertains qui perdurent, chacun regarde encore plus attentivement à la dépense.

Nous sommes prêts à beaucoup de concessions pour voyager moins chers. Je suis prêt à beaucoup de concessions.

S’il fallait se tenir presque debout durant 2h, honnêtement,  je pense que je survivrai… et je ne pense pas être le seul.

Qui n’a jamais connu les rushs dans les trains et les bus au moment des fêtes ? Est-ce pire ?

Je ne pense pas, qu’assis ou debout, nos chances de survie en cas d’un improbable crash soient significativement plus grandes. (mais je me trompe sans doute)

Le fait est que, pour moi, tant que la sécurité est au rendez-vous, je peux supporter d’être traité comme un mouton dans un troupeau durant quelques heures. Mais au moins, je ne suis pas un mouton tondu.

Ce n’est pas les quelques centimètres de plus pour mes jambes et le repas offert dans des compagnies classiques qui me feront oublier les quelques centaines d’euros à la dépense.

 

Mais… et si les économies se font au prix de la sécurité… de notre sécurité…

C’est une toute autre histoire n’est-ce pas ?

J’accepte, comme je l’ai dit plus haut, pour des raisons d’économies évidentes, de ne pas être traité comme un prince que je ne suis pas et que je ne souhaite pas être.

(j’imagine que cela pourrait changer avec l’âge) Mais notre sécurité vaut-elle chaque euro d’économisé ?

L’avion n’est pas un danger. Moins de 500 morts en avion en 2011 avec plus d’1,5 milliards de passagers transportés. Certes, c’est 500 morts de trop mais rien qu’en France, les morts sur la route c’est presque 4000 vies de perdues. Je n’ai jamais eu peur en avion, même lors des turbulences. Je dors souvent comme un petit bébé avec mes boules quies et mon masque sur les yeux.

 

Pourtant, ce dimanche là, pour la première fois de ma vie, j’ai eu peur en avion.

Et j’en suis sorti !

FR8934 de Wroclaw en direction de Paris.

Décollage annonce 16h30. Arrivée prévue : 18h30.

On nous appelle pour l’embarquement. Nos billets vérifiés,  on se met a attendre une bonne trentaine de minutes sans raisons particulières.

Il ne fait pas chaud en attendant de sortir prendre le bus. Retour en arrière.

On nous fait de nouveau attendre dans la salle d’embarquement et, durant 1h30, toutes les 30 minutes, on nous prévient que nous auront des infos dans… 30 min.

Un livre en main, l’attente est toujours plus simples et le nouvel aéroport de Wroclaw a un argument imparable, des sièges confortables.

J’ai faim, je pars m’offrir un sandwich hors de prix à l’aéroport.

 

18h, on réembarque de nouveau et, cette fois-ci, après une attente plus courte, on monte dans l’avion.

Pourtant, quelque chose ne va pas.

Je vois que les portes de l’avion se rouvrent et un agent monte à bord.

Il semble fébrile.

Il discute avec le capitaine.

Ensuite, il commence à retirer des éléments du plafond et a triturer quelques fils.

Non mais c’est normal ça… c’est pour cela que l’avion n’a pas décollé jusque là ?

Ils sont obligés de le faire devant nous ? Car cela ne vous met pas vraiment en confiance là…

Ryanair galere

Un problème avec les lumières en cas d’avaries.

Cela dure.

Je prends des photos avec mon téléphone.

Je le vois ensuite qui s’approche et qui bricole quelque chose, prés de nous, au niveau des lampes lumineuses à ma droite.

Il bidouille un truc avec un bout de papier d’alu, comme si c’était pour réparer une vieille radio.

Il n’est pas satisfait. Moi non plus. On vol en plein délire là.

Il sort et discute de nouveau longuement au téléphone.

Les gens commencent à s’inquiéter.

Merde, évidemment, je n’ai plus de batteries.

Un jeune polonais derrière mois a pris des photos et s’est fait remarqué par un des stewards.

Ce dernier lui demande fermement de les supprimer. Pourquoi ? Il a le droit de lui demander cela ?

Je me sens un peu idiot avec ma batterie vide. Décidément, je crois que je n’ai pas l’âme d’un journaliste d’investigation.

Il est 19h. L’agent qui a bidouillé les fils fait des allers-retours entre la cabine et la piste, dehors.

La conversation semble animée.

 

Il est 20h. Depuis une heure, nous sommes dans l’avion. Il fait chaud, aucun rafraîchissement, aucune info.

Les gens sont calmes, c’est un miracle. Les polonais s’amusent du fait qu’avec des italiens, on aurait eu droit à un lynchage public.

Je demande finalement à sortir de l’appareil. A ce moment là, le commandent de bord, me donnant l’autorisation, se décide enfin à informer les autres passagers que l’avion ne décollera pas.

Pourquoi ne pas l’avoir dit plus tôt ?

Je ne sais pas ce que Ryanair compte faire de nous, encore attendre des heures quelques maigres infos ?

Il est bientôt 21h, le petit coin snack ferme, je décide de rentrer chez moi. Tant pis.

J’ai faim, je suis fatigué et je n’ai pas envie de repartir ce soir avec Ryanair. Surtout si c’est sur cet avion.

Vers minuit et demi, je vais sur le site de Ryanair et je ne vois aucune info sur mon vol, sur son remplacement.

Ils affichent qu’il a décolle et est arrive a destination à l’heure prévu  comme si de rien n’était .

Avec ce genre de tour de passe passe, pas étonnant qu’ils affichent 92% d’avions a l’heure si tous les retards et annulations sont gérés ainsi. Inexistants de l’extérieur, bien réels pour ceux qui les vivent.

 

FINALEMENT

 

Bref. au vu des récent problèmes que des passagers de Ryanair ont eu en Espagne, alors que leurs avions ont du se poser en urgence pour cause de politiques d’économies de carburant, on est en droit de se poser des questions concernant notre sécurité.

source : http://www.huffingtonpost.fr/2012/08/14/ryanair-atterrisages-urgence-espagne-enquete_n_1776618.html

 

Est-ce que par souci d’économies, Ryanair n’est pas en train de nous mettre, nous, ses clients, en danger… ?

 

Je dis oui aux économies mais pas a n’importe quel prix. Pas au prix de nos vies.

Actuellement, je suis en demande de dédommagement pour vol annulé, skymediator m’a contacté, vous connaissez ?

Un reportage à voir : la face cachée de Ryanair…

 

Si vous avez déjà eu des problèmes avec Ryanair, n’hésitez pas à nous en faire part en commentaire !