Je n’ ai pas encore mis mes pieds en Asie et l’Afrique, je l’ai à peine effleurée avec le Maroc. Comme le disent certains, je ne suis « qu’un petit voyageur ». J’en conviens, je ne suis qu’un petit voyageur qui a soif d’usé ses sandales à travers le monde (comme beaucoup, sans doute) … mais avant de parcourir le monde, il y a déjà cette Europe méconnue. Cette Europe de l’Est.

 

Pour certains de mes amis parisiens (clin d’oeil), l’Europe de l’Est commence deja avec l’Alsace… question de point de vue !

Pour moi, l’Europe de l’Est, c’est ce qui est au delà de la Pologne. (pour info, je suis expatrié en Pologne). J’avais de grandes ambitions pour ce tour d’Europe de l’Est. J’ai eu les yeux plus gros que le ventre et puis l’occasion inespérée d’aller visiter l’Islande à partir de fin juillet réduisit considérablement le terrain potentiel à parcourir. Le fait que Magda tomba malade et du rentre n’arrangea pas non plus les choses. (rassurez-vous, elle va mieux) Je me retrouve ainsi à faire la seconde partie du voyage seul. Ainsi, au programme de ce mini tour d’Europe de l’Est : Slovaquie, Hongrie, Ukraine, Moldavie, Roumanie. Je laisse les pays Baltes pour septembre et les Balkans pour une autre fois…

 

Qu’est-ce que je visite en Europe de l’Est ?

 

Evidemment, je pars faire un tour du côté des monuments, j’use mes pieds sur les grandes places, j’entre dans quelques musées mais j’avoue que je me nourris principalement de l’atmosphere qui se dégage des lieux. Je ne suis pas un party boy, autant j’apprécie -énormément- de partager une bière locale avec les gens du coin, quitte à discuter toute la nuit jusqu’à la fermeture, autant je ne vois personnellement aucun intérêt à aller s’abrutir de club en club en éclatant ses tympans avec la même bouillabaisse musicale qui passe pratiquement partout en Europe. (si vous voulez vous éclatez en boite, allez dans les clubs londoniens et belges 😉 Et puis c’est le meilleur moyen pour glander toute la matinée suivante…

Bon, là, avec ces quelques lignes, je dois avoir deja quelques ennemis. J’assume.

 

Comme je le disais, j’aime respirer l’atmosphere des lieux… et je fais tout pour vivre ces moments. Ils arrivent parfois à

l’improviste. Cela peut être à la terasse d’un café  excentré et peu visitée du chateau de Bratislava ou dans un parc, assis sur un banc à Kiev, en face d’une fontaine, ou encore dans un train, à écouter en russe les histoires d’un papi au visage sillonné de rides et au rire franc. C’est des moments ou je me perds dans la contemplation des gens. Je les écoute, je ne comprends pas toujours (rarement) mais ça bouge, ça crie, ça rit, ça gesticule… et cela s’imprime dans ma mémoire.

 

De toute façon, je ne garde pas grand chose de ces nombreuses dates et de ces histoires et hauts faits appartenant à l’Histoire. Oh, bien sûr, certains guides ont un talent de comédien et ils vous en apprennent un peu… mais au final, je retiens plus les mimiques du guide que les propos. Si je veux lire l’Histoire d’un pays, j’ouvre, au calme, un libre (ou wikipedia), pour le reste, je me contente de contempler. Marcher, ne pas percuter les gens autour de moi et en plus retenir ce qui dit le guide en tentant de faire abstraction du brouhaha… je ne suis pas multi-tâche, je reste un homme 😉

 

Mon mode de transport ?

 

Le train et le bus. Je privilégie le train parce que c’est un excellent moyen de prendre son temps. De voir le paysage… de s’ennuyer et donc de laisser son esprit vagabonder. Les trains de l’Europe de l’Est, lorsque vous passez une bonne dizaine d’heures dedans(min), vous êtes obligés d’échanger avec vos voisins. A moins d’etre complement  asocial, les conversations naissent naturellement, si ce n’est avec des mots, c’est avec des gestes, si vous n’etes pas italien dans l’âme et un peu maladroit (comme moi), vous souriez bêtement et cela fera l’affaire.

Bref, pour cela, j’adore le train.

 

L’avion c’est trop rapide, trop brutale, trop aseptisé. C’est aussi en dehors des moyens d’une catégorie non négligeable de la population… et c’est ceux-là aussi avec qui je veux et avec qui j’ai échangé. Evidemment qu’avec mon ukraino-russe balbutiant, je ne fais pas des miracles mais c’est magique. Un vieux papi m’a parle durant 3h des conflits ukraino-russes-polonais (je crois… il y avais le mot guerre, armées russes, ukrainiennes et polonaises). En tout cas, il etait passionné, un peu éméché et je n’avais pas le coeur à le couper.

 

Et les photos, et les souvenirs ?

 

Alors oui, j’ai écris un article sur les raisons qui nous poussent à prendre des photos et je prends des photos !

Mais la plupart des photos me plaisent pas… parce que je les trouve moches. Mal cadrées, surexposée, sans réelle signification.

En plus, à force de discuter tard avec les locaux (on remercie le couchsurfing, guest house et autres hostels) bah à part pour prendre le train, j’ai du mal à me lever à 6h du matin pour profiter des heures dorées.

En plus, j’ai un gros problème sur lequel il faut que je travaille. Je ne suis pas un timide maladif (sinon je ne parlerai pas avec les gens en voyage) mais j’ai énormément du mal a demander aux gens de prendre des photos d’eux. Lorsque je me prends un refus (c’est arrivé 2 fois en 2 demandes, taux de réussite donc : 0%) je reste bloqué, presque traumatisé, pendant  au moins 48h. J’ai alors la désagréable et fausse impression de vouloir capturer la misère humaine… et peut-etre c’est cela mon problème, peut-etre que je renvoie cette image aux gens à qui je demande. Peut-etre y a t-il une solution miracle ? Vos avis ?

 

Je sais qu’il y a pas mal d’articles de Madame Oreille et de Laurent et dans le tas, il doit forcement y en avoir certains qui traitent de cet aspect (je suis pratiquement sur que Madame Oreille en a parlé). De fait, la plupart du temps, je prends des photos avec mes yeux et je les développe dans mon esprit, avec des mots. Elles ne sont pas toutes souriantes ces photos… je ne pense pas que ce soit ce genre d’images que les agences de tourismes voudraient mettre en valeur mais c’est aussi ces images qui font ces lieux. Tout n’est pas tout rose ici (comme partout). Les grosses cylindrées cotoient les affamés dans la rue… et vu les salaires locaux, ce fossé de richesse est parfois encore plus criant.

 

Je loge ?

 

J’essaie la plupart du temps le couchsurfing non pour économiser mais pour échanger… alors évidemment, parfois cela ne marche pas. « shit happens » (les emmerdes arrivent, aussi ! » comme le disent les américains mais dans l’ensemble, cela m’a permis de rencontrer des gens formidables (comme souvent avec le couchsurfing). D’échanger au delà du temps qu’il fera demain.

J’ai ainsi parlé de la notion de démocratie dans les pays respectifs de mes hôtes, du problème de la langue ukrainienne face à la montée en puissance de la langue russe en Ukraine, de l’histoire des vins, de leur vision d’avenir…

Ce qui est étonnant c’est que tous, y comprit moi, ont un fond optimiste face à cette crise. A vrai dire, a t-on vraiment le choix ? ^^

Evidemment, nous avons une situation qui nous permet de l’être un peu. Sans attaches, sans crédits, sans enfants, avec une excellente éducation pour certains, une volonté de fer pour d’autres ou une grande confiance en soi… on garde l’espoir de retomber sur ses pieds. Et puis, dans tous les cas, on sait tous que l’on pourrait revivre encore un régime pâtes au sel s’il le fallait.

 

Bref, je viens de finir (enfin) mon premier article après être revenu de la plage d’Odessa. Le temps est magnifique… l’eau est délicieuse. Je vous parlerai bientôt de Bratislava, de Budapest, de l’Ukraine… de mon cote, je pars bientôt pour la Crimée, puis la Moldavie et enfin la Roumanie. Je pense à vous 😉