Belgrade, la capitale de la Serbie est à 2h20 de Paris en vol direct. Un claquement de doigt en somme. Etudiant, je mettais deux fois plus de temps pour rentrer de Lille jusqu’au domicile parentale, dans mon petit village du Loiret. La Serbie, proche et loin à la fois. J’ai encore en tête les images de la guerre de Yougoslavie. En 99 Belgrade était bombardée par les forces de l’OTAN. J’avais 13 ans. J’étais un gosse. Presque 20 ans plus tard, me voilà me promenant dans ses rues par un belle journée de septembre pour un reportage. Les images que je prends aujourd’hui prendront la place de celles d’hier. Il y a ci et là encore quelques stigmates visibles de la guerre. Un peu comme les impacts de balles de la 2nd guerre mondiale sur les murs polonais. La France, allié d’hier, a participé à cela. A cette mission de “libération”. Aux pertes civiles que l’on nomme innocemment des “dommages collatéraux” et auxquels on ne fait plus attention. Je ne suis pas expert en géopolitique, loin de là, mais je me demande parfois si les peuples lybiens, syrien, irakiens se sont sentis eux aussi libérés par les bombes aux relents démocratiques. Un mal en remplace parfois un autre. L’histoire est complexe. Appréhender les conséquences des bouleversement qui suivent les changements l’est encore plus. Il fallait stopper les massacres alors commis par le gouvernement de Slobodan Milosevic. Il n’y a malheureusement pas de “guerre propre”… La Belgrade d’hier n’est plus, de même que cette Serbie dépeinte autrefois dans les médias et les journaux. Un monde les sépare. Une génération qui gambade gaiement dans ses ruelles s’en éloigne.

Assis à la terrasse d’un café, après avoir passé quelques jours à découvrir la Serbie, j’espère qu’elle et ses habitants goûteront pour longtemps les bienfaits de la paix. Ce n’est pas un souhait naïf prononcé face à un micro imaginaire du concours de miss Monde. Face aux défis climatiques qui nous attendent, nous et la génération suivant, l’espoir de réaliser une transition sans le chaos le plus total est ce que je nous souhaite tous. En attendant, au delà de mes simples considérations de blogueur, place à la découverte de Belgrade.

J’imagine que parmi les pays de l’ex Yougoslavie, vous avez peut-être entendu davantage parlé de la Croatie et de Dubrovnik pour sa référence à Games of Thrones que de Belgrade. Mais, justement, pour ceux qui veulent absolument sortir “hors des sentiers battus” au delà des autres continents, c’est également vers les Balkans et les pays d’Europe de l’Est que vous devriez vous tournez. Marcher dans les dernières forêts primaires d’Europe, conquérir des sommets plus hauts que les Alpes, miser une fortune dans une casino insolite en Europe de l’Est, passer dans un pays qui n’existe pas… les expérience à vivre sont nombeuses. Bon, revenons à Belgrade.

Le Danube

Une partie de l’âme de Belgrade passe en partie par ses eaux. C’est ainsi que je l’interprète et que je l’ai ressenti. Danube est le second plus grand fleuve d’Europe, après la Volga. Il faut savoir que le fleuve passe également par d’autres capitales européennes comme Vienne, Brastislava, Budapest. Danubius  serait d’ailleurs une divinité (je l’imagine un peu comme Haku dans le voyage de Chihiro) mais sa racine proviendrait d’orgines plus lointaines encore, du sanscrit, dānu signifiant “rivière » ou “courant”. Ne boudez pas ce genre de savoir, c’est toujours utile pour impressionner et clore le bec de la tante qui vous saoule de n’avoir toujours pas mûri en ayant pondu 3 gosses à votre âge. Pour ceux qui aiment les voyages en bateaux, j’ai appris qu’il y a des traversées fluviale d’un mois sur le Danube qui passent par Belgrade donc et qui vous font visiter l’Europe au grès de ces eaux. Du “s’leau travel” quoi. (si vous avez compris la référence, vous aurez droit à un carambar)

Le quartier de Zemun

A notre arrivée, on devait justement manger le premier soir au bord du Danube dans le quartier de Zemun qui bien que rataché depuis peu (tout relativement hein, depuis 1944) à la capitale serbe, conserve une atmosphère de petite ville surtout dans son centre ancien datant du XVIIe siècle. Ses habitants se sentent davantage de Zemun que de Belgrade. Dans cette mini ville dans la ville, on y distingue plus nettement l’influence architecturale l’austro-hongroise avec ses maisons colorées et richement décorées que celle, marquée par le communisme et son péchant vers le brutalisme facon Le Corbusier (#LeBetonCestLaVie). D’ailleurs, le monument étiqueté « le plus laid du monde” (l’hôtel de villle de Boston) est issu de la mouvence brutaliste,
Dans Zémun, la vente des maisons du quartier y est très régulée et les respect d’un règlement architectural restrictif très appliqué, ce qui explique sans doute le maintient de la couleur et de la vivacité de Zemno.

On a fait un arrêt au restaurant Kod Kapetana qui ne m’a pas laissé un souvenir indélébile. Ce restaurant spécialisé dans les fruits de mer a une bonne localisation : au bord du Danube (avec la pluie du premier soir, on n’en a pas vraiment profité) mais si vous souhaitez prendre du plaisir tant au niveau des papilles qu’au niveau des yeux, c’est une autre adresse que je vous recommande fortement : FISH I ZELENIŠ.

Restaurant : FISH I ZELENIŠ

Ego gallico, amo boni cibus Je suis français, j’aime la bonne chair. Je voulais faire un truc du genre cogito ergo sum mais je crois que mes restes de latin sont au mieux, plus que passables. Retenons ce qui est primordial, j’aime bien manger. Par ailleurs, qui aime bien “mal manger” par choix alors qu’il a les moyens de bien manger (sans y mettre non plus 200e par repas -vin non compris- comme l’autre (à rayer)machin Darmanin) ? A part ceux qui ont le cerveau intoxiqués par le côté malbouffe des fast food ? Même au niveau du prix, entre un burger MacDo et un burger servi dans un petit bar bucolique avec des frites croustillantes faites maisons, y’a pas photo… [fin du débat]


Non, Fish Zelenis est un restaurant que je vous recommande les yeux fermés – mais la bouche grande ouverte. Je sais, certains vont me dire que “oui mais tu es un blogueur, tu n’es pas objectif, c’est un reportage, tu es un vendu”. Vendu, c’est à vérifié, mais il n’empêche que j’aime bien manger. Je ne vous recommanderai pas forcément le Pod Kapetana par contre, à moins qu’ils aient viré le chef cuisinier depuis ma visite, vous pouvez vous rendre sans regrets au Fish I Zelenis.

Tant au niveau de la localisation : le long de la rivière Sava, dans une partie réaffectée du port de Beton Hala avec de nombreux restaurants de bonne facture tout autour… qu’au niveau de la qualité esthétique des plats servis (les images parlent d’elles-mêmes) qu’au niveau du goût… ou encore du design du restaurant : sophistiqué mais sans outrance, tout est nickel. J’en salive rien qu’à la relecture de cet article. C’est ce genre de restaurant pour lequel je serai prêt à faire un détour dans mon parcours et c’est ce genre de lieux que l’on note dans son carnet des excellentes adresses et que l’on recommande à ses proches.

FISH I ZELENIŠ

Beton hala, Karađorđeva 2-4, Belgrad

 

Visite de Belgrade

Cela sera sans doute un peu déconstruction, je fais en fonction des anecdotes et des souvenirs qui remontent. Je me souviens de la balade dans son vieux centre ville avec notre guide enjouée aui nous fit découvrir par exemple, non loin de la rue piétonne principale Kneza Mihaila  ou siégait alors, attraction du jour, un sac Ikea géant, le pub Kafeteria. Un bar à la mémoire d’Alphonse Mucha, un artiste qui s’illustra dans le style Art Nouveau dont j’avais visité le musée à Prague. Pour l’anecdote, il fut l’illustrateur de Sarah Bernhardt, grande actrice du début du Xxème siècle. Peut-être que certains d’entre vous auront quelques souvenirs de lui de l’époque de vos cours d’art plastique…

Dans les rues adjacentes, non loin, on s’est arrêté au restaurant MANUFAKTURA. Orignal de part ses parapluies rouges suspendues, Les amateurs d’instagram s’en donneront sans doute à coeur joie. La cuisine servie comporte des notes de plats serbes plus traditionnels. Une bonne adresse, je ne dirai pas que c’est pour moi un incontournable comme FISH I ZELENIŠ mais on y mange plurôt bien et le cadre est agréable.

Le parc de la citadelle…

Entre exposition de mini tanks dans les fortifications, mini parc avec des dinosaures un peu kitsh (ce qui est bon à savoir si le vôtre est turbulent : Il sera toujours bon de lui rappeler qu’il y a toujours la compagnie du T-rex si la vôtre ne lui convient pas et qu’il a le fantasme soudain de finir en saucisse) et puis les joueurs d’échec. Parait-il, anecdote de notre guide, que Kasparov, célèbre joueur de pokemon d’échecs (c’est des pokémons mais noirs et blancs) de passage à Belgrade a joué incognito contre quelques joueurs locaux. Commentaires des vieux papis “Il est pas mauvais mais il peut encore s’améliorer” alors que Kasparov était juste, à l’époque, le meilleur joueur mondial…

Le quartier du parc et des fortifications a des origines anciennes. La citadelle a des origines celtiques, si vous cherchez bien, vous y trouverez même un tag d’Obelix sur une des briques (je vous dirai pas laquelle pour laisser le mystère entier). Depuis les contreforts on domine la ville avec une vue sur le Danube et la rivière Sava. Bon à savoir, vous pouvez faire des tours en canoe kayak sur le Danube. Une activité que j’aimerai tester la prochaine fois même si j’ai de fortes chances de retourner mon kayak comme en Finlande (le talent vous dis-je, LE TALENT). Le parc est un coin plutôt pittoresque si vous aimez la photo. Il y l’église orthodoxe Ružica qui jouxte les remparts qui peut attirer votre attention ainsi que la porte entre les deux tours qui offre elle, une jolie symétrie !

En descendant des fortifications notre guide nous emmène découvrir un magnifique et imposant street art de 8m de large et de 20m de haut “La Santa de Beograd” qui se trouve au 31 Karađorđeva Street. Cette oeuvre a d’ailleurs été faite par un français Guillaume Alby, connu sous le pseudo de Remed car il voit le street art comme un “remède » et son oeuvre s’inspire des saints et des fresques médiévales. Ne manquez pas non plus l’oeuvre de l’artiste italien Blu “the city that eats greenery” au 6 Pop Lukina Street que je n’ai pas eu la possibilité de photographier.
J’avoue que le street art me fascine de plus en plus car j’aime l’accessibilité de cet art moins fermé que celui que l’on cloisonne dans les museaux. C’est un art populaire, on le trouve partout, sous de multiples formes, le plus souvent dans des quartiers pauvres et délaissés où il fleurit le plus « naturellement” car tout le monde s’en fout de ces quartiers vu qu’ils sont délaissés . Nul besoin d’être un critique érudit pour ressentir les émotions que cela véhicule. On n’a malheureusement pas eu le temps de faire une visite uniquement dédiée au street art à Belgrade (une prochaine fois peut-être) mais il fait parti de ces lieux insolites comme la visite de caves à vin qui furent dans les années 90 une boîte de nuit illégale et qui est maintenant un bar tenu par un ami à notre guide Dina.

Hébergement à Belgrade

A Belgrade, on a séjourné au Belgrade City Hotel. L’hôtel est joli de l’extérieur, très bonne localisation, centrale puisque l’hôtel est situé en face de la gare. Il a de bons avis sur booking mais je vous avoue que j’ai un avis mitigé. La chambre aurait mériter un certain rafraîchissement, le petit-déjeuner pour un 4 étoiles était certes copieux mais je trouve qu’il pâtissait un peu en terme de qualité. J’ai par ailleurs trouvé l’accueil à la réception de notre collègue, indienne, plutôt sec et irrespectueux. Nous en fûmes assez étonné pour un hôtel qui se veut 4 étoiles et cela m’a visiblement marqué puisque je m’en souviens des mois plus tard.

Si vous cherchez quelque chose de plus luxueux il y a, dans les 5 étoiles, le Square Nine Hotel (à partir de 200e/chambre | meilleure notation) , le SAINT TEN Hotel (à partir de 139e/chambre) ou encore le Metropole Palace (à partir de 95e/nuit).
Les backpackers ou les petits budgets pourront davantage s’orienter vers le Hostel Fine (chambre double | à partir de 23e) ou Hostel El Diablo (à partir de 32e en chambre double), le tout avec petit-déjeuner compris, réception ouverte 24h/24 et une notation fabuleuse d’après les voyageurs.

Dans le prochain article on vous parlera de notre visite de quelques beaux spots en Serbie 😉

TRANSPORT j’ai vu des vol AR à partir de 100e via compateur

Astuce LOGEMENT, louer des appartements de luxe revient parfois moins cher, avec un petit groupe conséquent (6 amis) qu’individuellement en auberge même confort et très bien noté 😉

ex : appartement, le Bridge Appart Belgrade 4* revient à 21/prs avec petit déjeuner compris ou Lazar Lux Appartments 4* qui revient à 15e/prs (pour 6) avec petit déjeuner compris.  


Merci à l’office de tourisme de Serbie d’avoir permis ce reportage.