Voyager ou ne pas voyager a dit Colomb (ou pas). Est-ce vraiment la question ?

Oui je sais, je sais, je vous ai promis l’article sur les 4 moyens de bien économiser en voyageant, ne vous inquiétez pas, il est presque prêt, vous l’aurez dimanche pour midi, comme les petits croissants. Je disais donc, avant que vous ne m’interrompiez, que je ressors -encore- un débat que j’avais entamé en quelque sorte ici.

 

Question existentielle ?

 

Je me pose en effet cette question existentielle, d’où provient cette boule au ventre qui me fait me réveiller chaque matin en sachant que mon tour du monde se trouve chaque jour un peu plus à portée de main ? Est-ce que je suis anormal de vouloir partir à l’aventure dans ces temps incertains ? La conjoncture économique n’est pas des meilleures, la situation politique de certains pays plus qu’instable… vous allez me dire, dans deux ans, cela a le temps de changer et puis certains sont en train de voyager. Il n’y a pas des milliers de globe-trotteurs qui disparaissent chaque jour… il y a même des femmes qui voyagent seule : Nomadnow par exemple !(et elles en ont parfaitement le droit, je précise pour ceux qui auraient déceler une marque de sexisme)

 

Non, la véritable question que je me pose est quelle la nature de cette soif de voyages, de cette admiration pour ceux qui ont des pièces emplies de souvenirs et les conversations pleines d’anecdotes de leurs péripéties. Le quotidien diront certains, c’est la vie. Pour moi, le quotidien, rime avec monotonie. C’est répéter inlassablement les mêmes gestes, les mêmes trajets, voir les mêmes personnes. Certains s’en sortent très bien comme ça, moi pas. Je sais, mon discours parait hautain mais attendez… je n’ai pas dis que je rejetais cette vie. Sans doute qu’un monde ordonné pourrait trouver grâce à mes yeux dans la mesure où l’incertitude ne serait pas notre pain du matin. De fait, ma position face à ce que je veux est assez ambivalente…

 

D’un côté, ma partie émotionnelle me dicte de suivre mon désir à 200%, de l’autre, mon côté rationnel (oui, j’en ai un aussi même s’il est souvent bâillonné par son homologue émotionnel) me dit, « Piotr (oui, il connait mon nom, on se côtoie quand j’ai besoin de lui pour les révisions), tu as 25 ans, dans 2 ans, tu auras plus de 27 ans (vous remarquerez que mon côté rationnel a toujours été fort en maths), tu as changé déjà d’orientation dans tes études par deux fois fois… là, tu vas avoir un diplôme avec mention -normalement-, il serait peut être tant de t’y mettre car même si t’es pas con (hop, petite flatterie, il sait comment faire passer la pilule), tu n’es pas non plus la plus grande des lumières et les employeurs ne se bousculent pas à ta porte que je sache (paf, dans les dents !). S’ils ne le font pas maintenant, le feront t-ils après ton tour du monde quand tu auras 28 ans, sans expérience professionnelle depuis plus d’un an, alors que des jeunes requins fraichement diplômés, plus jeune, plus frais que toi iront se faire les dents sur les postes qui pourraient t’intéresser ? (oui, mon côté rationnel est super doué pour me faire angoisser, d’où le fait qu’il est souvent bâillonné !).

 

Comment je reviendrai de ce voyage ?

 

Vous croyez que ma « bougeotte » sera t-elle guérie ? Pensez-vous réellement, après m’avoir lu un peu , que l’étincelle qui brille dans mes yeux dès que quelqu’un sort le mot « voyage », au hasard d’une conversation, trouvera sa place dans les tiroirs des souvenirs et de mes responsabilités ? Au hasard des commentaires, j’ai lu que voyager rime avec « danger » par le fait que cela reste dans le sang. (mon côté rationnel, dont le torchon le baillonant a bougé, me murmure que l’on peut toujours fais une transfusion)

 

Je pense faire partie des pulsionnels ordonnés. Ne cherchez pas, je viens d’inventer cette catégorie pour les besoins de cet article. Une amie psy m’a dit qu’il existe pratiquement autant de comportements diagnostiqués par sa branche qu’il existe d’êtres humains. Les pulsionnels ordonnés selon la définition du Petit Piotr sont, je cite « des êtres qui, après qu’une décision eut murement murie dans leur inconscient, ont décidé subitement de changer d’orientation professionnelle ou personnelle de façon subite, décision qu’ils organisent de façon très méthodique par la suite, en travaillant sur le tas mais de manière méthodique »:

 

Sauf que ma vie, en quelque sorte, est faite du tas de souvenirs qui s’amoncèlent dans le grenier de ma mémoire. Je pourrai sans doute trouver un job pas trop mal payé, je sais parler quelques langues, je connais bien les techniques marketings, je sais travailler en groupe, je suis flexible et curieux (j’ai la vague sensation que mon cote rationnel essaie de me vendre au cas ou un potentiel employer passerait par la… pas vous ?). Mais qu’est-ce que je veux au fond… moi ? Pas ce que la société voudrait de moi, ma famille, certains amis rangés qui sont de bons conseils, qu’est-ce que je veux moi bon sang !

 

Dans les instants de doute, je regarde ce blog et je me dis qu’il est un peu à l’image de ma vie. Il est né du bouillonnement de mon cerveau, un soir de février, au lit, alors que je n’arrivais pas à dormir et depuis… il fait son petit bonhomme de chemin. De plus en plus de gens le suivent et j’en suis content. En parallèle, chaque jour, chaque petit geste, petite annotation sur la culture d’un pays, petite recherche de billet d’avion ou de train, d’idées pour le voyage, de techniques pour économiser du poids dans ses bagages,  tous ces gestes suffisent a mon bonheur quotidien. Au final, cette préparation pourrait sans doute paraitre bien monotone à celui qui regarde de l’extérieur, de même que les visages tristes et mélancoliques des métrosards m’interpellent.

 

Lorsque je relis ce texte, j’ai la net sensation qu’il ne répond pas vraiment à la question. Mon cote émotionnel sans doute ^^ Je vais être un peu taquin, me lire c’est comme écouter les problèmes d’une femme. Elle nous parle, on ne peut pas faire grand chose pour l’aider mais, au final, elle se sent mieux. Écrire et être lu, c’est un peu économiser sur les visites chez le psy non ? ^^

 

Tiens, question ! Et vous, confidents/lecteurs/psys, vous n’êtes pas tiraillés parfois entre les arguments de votre partie rationnelle et les désirs de votre côté émotionnel ? Pour les grands voyageurs, je pense notamment à Fabrice d’InstinctVoyageur, Aline de Nomadnow et Yves, si vous passez par la des fois, dites-moi si vous avez des doutes aussi ?