Il n’y a pas de plus beau pays au monde. Je ne crois pas. Cela signifie que l’on aurait tout vu, tout vécu. Toutes les couleurs, toutes les nuances, en toutes saisons. On pourrait dire alors, assis sur notre fauteuil au coin du feu… caressant notre longue barbe blanche “après mûre réflexion et d’après mon expérience de toute une vie de voyages à travers toutes les contrées, je pense que le plus beau pays au monde est…”

Mystère.

J’aimerai être ce vieillard à la barbe blanche, croyez-moi. Une sorte de Gandalf des temps modernes.

Explorer, vivre, ressentir.

Mais même avec beaucoup d’argent et beaucoup de temps, ce souhait serait impossible à accomplir. Il y a des pays et d’immenses territoires qui ne sont pas accessibles. Non pas, parce qu’il n’y a pas de route qui y mène. Mais parce que l’homme y sème destruction et chaos. Des vestiges historiques qui ne sont plus que cendres. Des forêts sauvages devenues d’immenses plantations uniformes. Des terres, fleuves, plages transformées en déchetteries à ciel ouvert.

Pendant que j’ai le luxe de me demander quel prochain pays je vais explorer, quelles belles images je vais pouvoir rapporter et partager avec toi, lecteur anonyme derrière l’écran, ne pense pas que j’oublie ce privilège qui m’est accordé de manger à ma faim, d’étancher ma soif, d’avoir un toit où dormir. De vivre sans la peur que demain, moi et mes proches, nous ne serons peut-être plus là.

Tout cela nous semble si naturel. Nous semble dû. Acquis pour toujours.

Pendant que nos yeux regardent ailleurs, dans cet « ailleurs » qui nous semble toujours meilleur qu’ici et maintenant, combien de coeurs donneraient pour être à notre place. Tout simplement battre dans l’insouciance du lendemain,

Au fond, le plus beau pays du monde est peut-être celui dans lequel on se sent en sécurité. En paix.

Celui dans lequel nos rêves peuvent s’accomplir. No vies s’épanouir ou, à défaut, se relever.