La visite de Porto fut pour moi une folle escapade étudiante. Une folie hivernale d’un jeune couple franco-polonais désargenté. C’était en février, un mois avant la naissance de ce blog, j’entame un saut de puce de ma froide Pologne à ce qui semblait, tout du moins sur papier, un oasis estivale plein de promesses : le Portugal. Raté. Certes, sur la carte monde, c’est bien plus au sud de la Pologne. Mais au Portugal, en février, pas partout et pas tout le temps, je vous l’accorde, mais en général, c’est pluvieux et frais. Enfin cela l’était lors de notre visite. Au final, notre escapade portugaise a tout eu de la douceur d’un été islandais. En clair, il ne faut pas s’attendre à 30 au soleil. Enfin presque. Il y a eu un jour, où les 20 degrés à la saveur printanière (ce qui faisait tout de même 40 degrés de différence avec la météo à Wroclaw où je résidais) nous ont poussé à nous mettre en maillot de bain sous les yeux mi effarés mi amusés de vieux papis portugais, les tripeiros -noms des résidents de Porto-, qui pour le coup, devaient bien « triper », sur leur banc, emmitouflés qu’ils étaient comme des bonhommes de neige, de voir deux slaves ahuris jouer avec les vagues glacées de l’Océan Atlantique en plein mois de février. L’avantage de la saison, c’est que les touristes comme nous, à cette période, se font évidemment plutôt rares. Qui plus est en maillot de bain. De toute manière, comme je ne suis pas vraiment plage et que Porto a bien plus à offrir que le sable chaud, cela me convenait amplement.

C’est à Porto que j’ai également découvert le couchsurfing (logement chez l’habitant). Louer un logement au centre de Porto à cette époque n’était pas vraiment dans notre bourse, or l’on souhaitait tout de même se trouver près du centre pour faciliter nos balades et nos sorties. La rencontre avec notre hôte couchsurfer, anesthésiste de métier, se fit à l’hôpital où celui-ci nous remit les clés de son appartement après un simple échange de 15 minutes entre deux opérations médiacles. Visiblement, nos visages poupins inspiraient confiance. Ayant eu une semaine par la suite fort chargée, nous n’eûmes malheureusement pas la possibilité de croiser notre anesthésiste couchsurfer. On lui laissa tout de même une bouteille de porto en guise de remerciement.

A Porto il y a…

La Casa de Musica

Architecturalement ambitieuse, cette salle de concert est à la musique ce que le Gugenheim de Bilbao est à l’art. Est mis en avant toute sorte de musique, la musique contemporaine, expérimentale, le jazz ainsi que des concerts philharmoniques. La visite du lieu et gratuite et coûtait 3 euros avec un guide. Les places de concerts sont à 50% pour les moins de 25 ans et les plus de 65 ans. Cela vaut vraiment le coup… on avait été emballé par un concert de guitare sèche à la suite d’un concert philharmonique.

Le pont Louis I

Un des éléments les plus reconnaissables de Porto inscrit sur la liste de l’Unesco. Il sépare les deux quartiers emblématiques du grand Porto. S’il vous fait penser à la tour Eiffel version pont c’est normal, l’ingénieur qui l’a construit, Théophile Seyrig, était un disciple de notre bon Gustave. Ce pont donne accès au sud du fleuve Douro ou se situe un quartier très apprécié, c’est là où se trouvent les bars servant le porto justement, le port Vila Nova de Gaia.

Les bars à vin de la Vila Nova de Gaia

vin portoPorto est mondialement connu pour son vin qui s’appelle, je vous le donne en mille, porto. Il devint très apprécié en Europe au XVIIs lorsque le conflit qui opposa la France et l’Angleterre, se traduisant par un embargo des vins français, amena les négociants anglais à la découverte des vins de la régions qui ne déplurent pas au palais délicats de ces derniers. Le porto déferla ensuite sur toute l’Europe.

La Vila de Nova de Gaia n’est pas Porto. C’est là où se trouve les entrepôts et les nombreuses caves à vin en bordure du fleuve. C’est une ville qui est séparée de Porto par le fleuve Douro mais reliée à Porto par le pont Louis I et elle constitue en cela une sous région du grand Porto… vous avez du mal à suivre ? Rassurez-vous, après quelques vers de porto, la géographie des alentours du Douro n’aura plus de secrets pour vous. Flâner le long du fleuve et s’arrêter pour déguster quelques vers de vins en y visitant les caves est un plaisir qui peut devenir traître rapidement… surtout avec les chaleurs ! De notre côté, on avait de la chance, il ne faisait pas très chaud -ce qui donne fort soif- mais il pleuvait. Or rejoindre Porto après quelques bons portos peut vite devenir une entreprise périlleuse, surtout avec les marches glissantes ! Mieux vaut donc rester dans les bars à porto à déguster ses subtilités et essayer de suivre toutes les nuances de son histoire et de sa fabrication. (avec modération)

Un bon porto, selon moi, est fruité et léger en bouche. Un long vieillissement lui apporte de la profondeur avec un bouquet bien plus riche… mais ne me demandez pas de vous parler de toutes les nuances, je ne suis pas un expert. Je suis un peu comme le gros amis rat dans le film Ratatouille lorsque ce dernier essaye de lui faire apprécier les subtilités des parfums. C’est délicieux, je sens qu’il y a quelque chose mais je n’arrive pas à mettre la main dessus. Je suis davantage un gourmand qu’un fin gourmet. A ce sujet, cela me rappelle d’ailleurs la visite du musée du vin à Auckland en Nouvelle-Zélande, que je vous conseille fortement. La gérante est adorable et on peut découvrir la composition réelle du bouquet d’un vin… Personnellement, concernant le porto, j’ai ma préférence pour le porto tawny ou le porto blanc sweet ou lagrima. Remarque, si vous souhaitez me faire plaisir, vous pouvez m’envoyer une bouteille de single quinta vintage, cela ne se refuse pas 🙂

La colinne de Pena Ventosa

Sur laquelle se dresse tout simplement La Sé. La cathédrale austère et massive de Porto et qui offre, de la terrerio de Sé un joli panorama sur la ville de laquelle on peut se permettre une jolie photo souvenir ou selfie pour les plus solitaires. De là on peut avoir un aperçu de cet enchevêtrement de ruelles plus ou moins chaotique que forme le quartier Ribeira, l’âme vivante et colorée de Porto aux petites échoppes tenues par des tripeiros plus ou moins enjouées suivant l’heure de la journée. Dans les rues descendant vers le fleuve, le linge qui s’enchevêtre dans les fils suspendus entre les balcons, forme des toiles d’araignées à taille humaines. Si vous souhaitez être éblouis voir écoeurés par le faste et l’opulence, il faut jeter votre dévolu sur l’intérieur de l’Eglise Sao de Francisco plaqué or. (je déconseille fortement d’essayer d’en gratter un peu en souvenir hein…)

L’Océan Atlantique

porto

Ce bel océan non loin et ses plages de sables qui semblent infinies est en soi un immanquable. Lorsque les turbulences de la ville nous fatiguent et que l’on souhaite se rafraichir l’esprit après de -trop- nombreuses dégustations de porto, il n’y a rien de plus relaxant que de prendre un bus qui vous délaisse comme par magie à la fin des terres connues. L’immensité de l’océan vous berce, les vagues s’écrasant sur les rochers saillants sont comme un massage de l’esprit émergeant peu à peu des brûmes de la fête et de l’alcool.  Il y a ce côté sauvage de l’océan à Porto que l’on ne retrouve pas à Barcelone. Bref, même en plein hiver, j’ai fortement aimé Porto.  Ah oui, goutez les oranges qu’ils vendent dans les marchés de la Ribeira, elles sont délicieuses. Je crois que ce fut, sans mentir, les meilleures oranges de ma vie…


Livres et cartes utiles

Transport

A voir également  à Porto

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  • Mercado do Bolhao (le marché traditionnel) : article infos
  • Le palais de la bourse situé non lon de l’Eglise Sao Paulo
  • La chambre arabe de la Hall des Nations