Article invité de Souroure Après une année passée dans la province de Québec, voici enfin venue l’heure du départ. Un vol court depuis Montréal et me voilà arrivée dans la ville d’Holguin. Je veux découvrir l’est de Cuba, loin de la vibrante Havane. Je veux traverser la fine épaisseur de l’île jusqu’à la mer des Caraïbes et marcher dans les dédales de Santiago de Cuba. Ce pays, je n’en ai jamais vraiment rêvé, mais il m’est apparu comme une fulgurante révélation.
Holguin, les prémices

Cuba.

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Quatre lettres qui résonnent en moi comme le son de la guitare que ce vieil homme manie avec une habileté troublante. Je suis perchée au sommet du mont Loma de la Cruz, littéralement « la colline de la croix ». Du haut de ses modestes 300 mètres, il veille sur la ville tel un berger sur son troupeau. Après une ascension de 465 marches, l’horizon m’est offert enfin, comme une bénédiction. Le vieux musicien continue à gratter ses cordes, à l’ombre d’un petit fort faisant office d’atelier d’art.

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Le panorama offre une vue totale sur la ville, le blanc des maisons parsemé de verdure m’évoque un damier bicolore. Sur la colline, on trouve une place pavée avec en son centre ce petit fort couleur ocre, un restaurant situé légèrement en contrebas pour accueillir les rares touristes et l’imposante croix en bois érigée dans les années 90. J’apprendrai plus tard que la première croix fut transportée et plantée à la fin du 18ème siècle par un religieux désireux de protéger la ville et ses habitants des mauvais présages. La chaleur de mai est intense, le soleil est à son zénith. J’entends le vent chaud souffler par intermittence, le chant si particulier des rapaces et toujours le son de cette guitare qui sera probablement comme un fil rouge sonore tout au long de ce voyage cubain. J’aime cet instant. Mais le temps file à une vitesse éclaire et déjà je dois repartir. Il est temps de reprendre les marches dans l’autre sens, il est temps de redescendre sur terre.

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Une fois au pied de la colline, je profite de chaque instant, je marche au gré du hasard, je suis les rues et traverse les nombreux espaces verts. C’est surprenant, je ne vois pas de voyageurs dans cette ville qui est la quatrième du pays en termes de population. Les nombreux touristes préfèrent probablement se prélasser à Varadero, station balnéaire réputée pour ses longues plages blanches qui s’étendent à l’ouest de l’île. Et pourtant, comme je vous la conseille cette petite perle urbaine ! Ma balade dans Holguin continue, je passe par Parque Central, une place des plus agréables même par cette chaleur. Les holguineros y sont nombreux, posés sur les bancs, à l’ombre des arbres. La ville étant sur un plateau, je dois dire que c’est un plaisir de s’y promener, c’est d’ailleurs pour cette raison que les cyclistes y abondent. Les « hola! » fusent sur mon passage et les saluts de la main m’apparaissent comme de doux préliminaires à ma prochaine étape : Santiago de Cuba.

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Santiago de Cuba, la jouissance du dépaysement

 

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C’est en bus que je rejoins Santiago de Cuba, après un trajet de trois heures. Les yeux collés aux paysages, le regard au loin, vers les champs de bananiers et les vallées de palmiers, j’admire la campagne cubaine. Je n’ai pas vu les heures défiler, je serais même restée encore un peu dans mon siège, comme devant un bon film qu’on veut voir durer. Il me reste dix petits kilomètres à parcourir mais je fais un premier arrêt au château San Pedro de la Roca, une forteresse bâtie au 17ème siècle pour protéger la ville côtière où je me rends. Cet édifice me semble être l’entrée en matière idéale avant de visiter Santiago de Cuba. Bordé par la mer des Caraïbes, le fort est imposant, turgescent, dominant. La visite étant libre, je le parcours nonchalamment, je me laisse guider par ses vielles pierres, je me laisse envoûter par les paysages bleus qu’il m’offre avant de continuer ma route.

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Je suis désormais au cœur de la ville rebelle, Santiago de Cuba. Celle qui vit naître la fronde d’Ernesto Guevara et de son Fidel compagnon, celle par qui l’Indépendance naquit à la fin du 19ème siècle, berceau de tous les mouvements révolutionnaires. Son histoire me fascine. A la fin du 16ème siècle, elle faisait déjà partie des rares villes caribéennes à être aussi bien protégées. L’emblématique Place de la Révolution fera office d’introduction à ma visite. Elle porte aussi le nom d’Antonio Maceo, héro de la lutte pour l’Indépendance de Cuba. La révolution, encore et toujours. Elle est omniprésente et s’affiche sur les énormes panneaux à travers toute la ville.

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Je suis enfin arrivée en son centre. Elle me plait déjà, ses rues m’attirent inlassablement. Je suis presque assaillie par les couleurs vives des bâtiments et néanmoins subjuguée par la beauté de leur architecture. J’emprunte la Calle Heredia, qui semble être la rue la plus fréquentée du centre-ville. Elle grouille de musique, de danse, de culture et d’art. Mon appareil photo pend à mon cou mais je ne sais pas où donner de la tête, je laisse alors tomber les clichés pour être en symbiose avec ce qui m’entoure, pour ressentir l’atmosphère de ce lieu.cathédrale-santiago

Je voyage seule dans cette ville et personne ne vient m’importuner, je le savais, j’ai fait confiance à mon flair. Et toujours ces sourires masculins qui m’enchantent s’affichent sur les visages. Tout ici ressemble à un décor de cinéma, les murs vieillis, les voitures américaines, ces hommes qui jouent aux dominos, les tenues, même !

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Je continue sur la Calle Enramada, l’unique rue piétonne de la ville avec ses couleurs pastels, rose, verte, jaune et bleue. C’est probablement sa proximité avec la Jamaïque et les autres îles caribéennes qui donne à Cuba cette âme si antillaise que j’aurai l’occasion de tester le soir même à la Casa de la Trova. Ce lieu est un incontournable pour qui souhaite découvrir le cœur du son cubain et danser la salsa par une chaude nuit musicale.

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Mon voyage finira comme il a commencé, en hauteur, sur le toit de mon hôtel, le Casa Grande, pour avoir une vue imprenable sur la ville, la Place Cespedes et la Cathédral Nuestra Señora de la Asunción. Rarement il m’a été donné de voir un lieu aussi sensuel. Indéniablement, si Cuba est un orgasme, Santiago de Cuba en est le symbole.

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Je conseille

  • Hotel: L’hôtel Casa Grande,

au centre de tout et face à la place Cespedes, idéalement placé pour profiter de la ville. Autour de 70 euros la nuit en réservant assez tôt.

Adresse: Heredia No. 201

  • entre San Pedro et San Felix, Santiago de Cuba. Bar/Resto: Le café La Isabélica:

rien de mieux pour déguster une pléiade de cafés cubanos aromatisés au rhum notamment. Les prix y sont dérisoires, on y mange à partir de 2 CUC (environ 1.5 EUR).

Adresse: Calle Francisco Vicente Aguilera , Santiago de Cuba

  • Le quartier du Centro est l’un de mes endroits favoris à Santiago. On y trouve les rues les plus animées du centre ville, le point de départ idéal pour découvrir la ville. Pour en savoir plus sur la culture cubaine: http://www.cubarte-francais.cult.cu/paginas/index.php
  • Info, du Québec, vous pouvez découvrir Cuba en vous envolant avec www.airtransat.ca

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ernesto

Bio auteure
auteureVoyageuse par vocation, irrémédiablement attirée par la ville, le voyage urbain est une réelle délectation pour moi. Qu’elle soit petite, moyenne ou métropole, la ville m’attire. Je prends un plaisir particulier à m’aventurer dans ses rues, à la recherche de petits joyaux. Mon blog porte d’ailleurs bien son nom et à travers lui, je relate mes découvertes autour du monde, loin des clichés sur la ville.
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